Divagation dans les Apennins tosco-émiliens (mai 2019) – 2/2 – une alternative revigorante

Depuis le fonds de vallée où je me suis replié après avoir après renoncé par deux fois à avancer sur l’arête enneigée du mont Cimone, je n’ai que deux alternatives : arrêter les frais et me rendre à Pise en stop, ou rattraper le sentier de crête menant à Bagni di Lucca au niveau du col de Campolino, dix kilomètres à l’ouest.

Le second choix implique un transit par une ligne de crête secondaire, axée autour du mont Uccelliera. Ce tracé de secours me rend circonspect ; je crains qu’il soit, tout comme le précédent, obstrué par la neige, qu’il n’offre aucun panorama sur la région et surtout qu’il demande trop d’efforts : alors qu’on est déjà en début d’après-midi et que je lutte dans la nature depuis l’aube, il m’impose en effet d’avaler 20 kilomètres et 1400 mètres de dénivelé positif de plus, d’ici le refuge indiqué au-delà du col de Campolino ; objectif minimal si je veux me coucher à distance respectable du village de Bagni di Lucca, qu’il me faut atteindre avant 17h le lendemain.

Dans le doute, je remonte la vallée par une route, puis une piste, enfin un sentier balisé, et constate 1000 mètres plus haut que la chance est enfin de mon côté : la crête où je déboule n’est presque pas enneigée et plus dégagée que ne le laissait penser mes cartes !

A l’assaut du mont Uccelliera

La grimpe en sous-bois

La crête sur laquelle je surgis est ouverte côté sud et les vues magnifiques

Panorama vers le sud de l’Apennin…

vers l’ouest et le mont Cupolino, sur lequel j’ai buté à l’aube…

et vers le nord et le mont Cimone, que je ne regrette pas d’avoir évité…

tant ses cimes blanches paraissent plus impraticables encore sans crampons !

enfin vers l’ouest, vue sur l’arête bien moins hostile que je vais suivre

Même si je dois forcer l’allure dans des pierriers parfois pénibles, je peux savourer le fait d’avoir enfin fait un bon choix. C’est le sourire aux lèvres que je progresse, de sommet en sommet, vers celui, proéminent, du Poggio alle Porche, au pie duquel se situe le col de Campolino. J’y bascule plein sud, franchis un ou deux névés et achève cette grosse journée dans un refuge fermé, mais dont le porche offre un bon abri pour la nuit.

Vers le refuge Fontana a Troghi

Le Poggio alle Porche vu de loin…

de plus près…

et du sud le lendemain

En contrebas, le col de Campolino

Un dernier coup d’œil sur la crête parcourue…

sur le mont Cimone, que je n’aurais pu apprivoiser…

et je m’enfonce dans une forêt…

abritant mon refuge du soir

Une heure après avoir repris la marche, je profite, au niveau du mont Mosca, du plus beau panorama du séjour, une série de vues sur le mont Rondinaio et les gorges qui s’en dégagent.

Panoramas matinaux sur les Apennins

Les gorges profondes d’Orrido di Bottri

En amont des gorges….

La silhouette spectaculaire du mont Rondinaio

Panoramas vers le nord-est…

l’est…

le sud et le monte Prato Fiorito…

au-delà duquel les Apennins s’affaissent progressivement…

et le sud-ouest, en direction de mon objectif, la vallée de Bagni di Lucca

Mon chemin de crête passe en surplomb du village perché de Montefegatesi, si attirant que j’y opère un long détour.

Montefegatesi

Vues diverses sur un village…

dont les toits de tuile sont stabilisés par de grosses pierres

La place centrale du village

Une demeure en bord de falaise

Au sommet du village, une esplanade dédiée à Dante

Trois autres villages dispersés sur la crête vont jalonner la fin du trek, et d’abord celui de Lugnano.

Lugnano

Le chemin de crête menant au village

Vue d’ensemble…

Quelques rues tortueuses à flanc de colline

Le cimetière

Un peu plus loin, je traverse celui de Pieve, le plus joli des trois.

Pieve di Monti di Villa

Une chapelle cachée dans les bois séparant Lugnano de Pieve

La fontaine du village

Ses ruelles mêlent pavés et fleurs

La plus jolie demeure du village

Le troisième village, Granaiola, est plus peuplé mais moins enchanteur.

Granaiola

Vues d’ensemble du village

Depuis la place, je me retourne une dernière fois sur les cimes dont je proviens…

avant de basculer vers Bagni di Lucca

J’arrive à destination une heure avant le passage du dernier train de l’après-midi ; l’occasion de prendre un bain rafraîchissant dans la rivière Lima, sous la protection d’un pont massif du XIXème siècle.

Le Ponte delle Catene

La belle journée de marche qui se conclut ici me permet de digérer deux premiers jours où j’ai vécu une frustration qui va resurgir lors du trek suivant, consacré aux Alpes transylvaniennes.