La Bohème en cinq actes (septembre 2019) – 1/5 – la Suisse saxonne

Plutôt que de filer droit à travers la Suisse saxonne, je prends le temps d’explorer une à une ses plus notables saillies gréseuses, en suivant lâchement le balisage du Malerweg.

En bleu, mes trois jours de vadrouille en Suisse saxonne

Il aura fallu deux trains, un bus, un car et un avion pour m’emmener de Rennes à l’entrée du parc, près du village de Pirna ; c’est en pleine nuit que j’y installe ma couche, sous un abri dominant la rive gauche de l’Elbe.

Dès le réveil, je m’attaque à une première butte, le Großer Bärenstein, par des sentes non balisées parfois effacées, d’autres fois si escarpées qu’elles en deviennent dangereuses ; je prends conscience qu’il va falloir réviser à la baisse un tracé de base quelque peu présomptueux.

Autour du Großer Bärenstein

Je suis la trace du Malerweg…

…puis un chemin bien moins discernable…

...qui me mène au sommet du Großer Bärenstein…

…d’où apparaît la silhouette caractéristique du Lilienstein

La descente quelque peu périlleuse…

…impose de s’infiltrer sous des voutes naturelles…

…et s’achève dans une gorge menant au Rauenstein

Je retrouve le Malerweg au niveau du Rauenstein, une arête rocheuse qui s’étire jusqu’au village de Weißig; malgré sa déstructuration, elle est bien plus praticable que le Großer Bärenstein.

Le Rauenstein

Les aménagements de la crête

Au nord, les rives abruptes de l’Elbe…

…et les premiers pinacles rocheux d’une longue série

Au sud, à mi-distance du Rauenstein et du lointain Lilienstein…

…le bourg de Weißig…

…où les belles demeures se font rares

Cinq kilomètres plus loin, j’aborde avec le Königstein la moins sauvages des mesas du parc, puisqu’une puissante forteresse a été érigée sur toute la longueur de son plateau.

Le Königstein

Vu de l’ouest…

…et de l’est

Son enceinte inférieure rappelle les ouvrages de Vauban

L’enceinte supérieure s’appuie directement sur la paroi rocheuse

L’entrée de la forteresse

Quatrième butte de la journée, le Pfaffenstein est aussi la plus rude; je perdrai beaucoup d’énergie en tentant vainement de la désescalader par sa paroi méridionale avant de me rabattre sur la voie conventionnelle.

Le Pfaffenstein

Les escaliers qui permettent d’y grimper…

…doivent parfois s’infiltrer dans la roche

L’auberge juchée au sommet est fermée

Des hauteurs du Pfaffenstein, vue nord vers le Lilienstein…

…et vue sud sur la Barbarine, le pinacle le plus connu de l’Elbsandstein…

…haut de plus de 40 mètres, alors qu’il n’en compte pas 5 de large

Une cinquième et ultime ascension me conduit au point culminant d’une longue journée de marche, le Gohrisch.

Le Gohrisch

Ses parois, toujours aussi verticales

L’escalier taillé dans la roche…

…s’immisce dans des ravines…

…jusqu’à un sommet…

…où un abri bienvenu m’offrira protection pour la nuit

Un passage matinal oubliable dans les buttes du Papstein et du Kleinhennersdorfer Stein et je franchis sous le crachin le cours de l’Elbe, pour ne plus quitter sa rive droite. Les nuages couvrent le Lilienstein; je le shunte suis les rives du fleuve naissant vers le village de Kurort Rathen.

Au bord de l’Elbe

Le village d’Oberrathen vu de la rive…

…et des hauteurs

Le fleuve poursuit son cours vers l’ouest

Je m’en éloigne au niveau du débarcadère…

…de Kurort Rathen

Le village de Kurort Rathen borde la Bastei, une formation rocheuse dont les parois abruptes abritent le plus célèbre monument de la Suisse saxonne, un pont aérien en pierre qui permettait, du temps où il était conçu en bois, d’accéder au château perché de Neurathen, dont il ne reste presque rien.

La Bastei

Au coeur d’un impressionnant paysage minéral…

…le pont de la Bastei…

…qui permet d’accéder au sommet d’une butte rocheuse…

…dont on peut faire le tour sur des passerelles…

…franchissant, de pinacle en pinacle, des gouffres impressionnants

Entre deux averses, je bifurque vers le nord puis l’est et déboule, au terme d’un ample détour par le village d’Hohnstein, au belvédère de l’auberge de Brand-Baude, près de laquelle je pose discrètement ma tente.

Une fin de journée arrosée

La gorge par laquelle je m’extrais de la Bastei

Le village perché d’Hohnstein

Le sentier file en forêt…

…puis en surplomb du ruisseau de Tiefer…

…qui se jette plus loin dans la rivière encaissée de Polenz

La même vallée prise au réveil…

…des abords du sous-bois où je campe

Le troisième jour de marche, de tous le plus spectaculaire, est centré autour de l’incroyable crête gréseuse qui s’étire, en surplomb de l’Elbe, du Hoher Torstein au Kleiner Winterberg par une série de pics secondaires. C’est guidé par le balisage du Malerweg que j’avale les 12 kilomètres séparant mon bivouac du Hoher Torstein, puis serpente sur l’arête jusqu’au belvédère renommé de Breite Kluft.

Vers le promontoire de Breite Kluft

Du village de Waitzdorf…

…une dernière vue vers l’ouest du parc, dominé par le Lilienstein…

…et je fonce vers le Hoher Torstein…

…que je contourne par une série d’escaliers…

…qui me hissent sur une crête très bien aménagée

Des hauteurs, vue vers les plaines du sud…

…l’extrémité occidentale de l’arête…

…et sa partie orientale, à laquelle je me destine

Le belvédère de Breite Kluft

Au-delà du belvédère, je quitte le Malerweg pour suivre au plus près, sur des sentiers en balcon vertigineux, les lacets marqués de la paroi rocheuse. Assurément la meilleure section du séjour!

Une avalanche de panoramas

Le sentier, très étroit…

…parfois même trop étroit…

…me permet d’enchaîner les perspectives sur les falaises de grès

Point d’orgue de la journée, le belvédère de Carolafelsen, qui offre selon beaucoup le plus beau point de vue sur la Suisse saxonne, même si on n’en profite moins au soir qu’au matin, avec le soleil dans le dos.

Je comptais m’extraire de la mesa par le mur aménagé du Nordstern, mais il est interdit d’emprunter cette voie périlleuse dans le sens de la descente.

Deuxième contrariété dans la butte du Wildenstein: l’abri que j’y visais n’est qu’une grotte humide.

Point de vue sur le Frienstein des hauteurs du Wildenstein

La butte voisine du Neuer Wildenstein est habitée; je préfère poursuivre ma route, de nuit, vers un abri forestier situé à portée de tir de la frontière tchèque

Bien que modeste, il me protégera efficacement d’averses nocturnes récurrentes qui s’intensifieront le lendemain.