Propos épars sur mes randonnées bretonnes (2015)

L’année 2015 est d’abord celle de l’intensification des randonnées que j’entreprends avec mon frère Ivonig en Bretagne.

Nos choix de tracés sont guidés par l’objectif que nous nous sommes fixés : accomplir une boucle intégrale et continue autour de la Bretagne, en passant par les huit évêchés traditionnels, les autres villes historiquement importantes, les plus belles chapelles, forêts, sections de côte. Sans se résumer au célèbre sentier des douaniers, notre circuit l’emprunte très largement. A ce titre, à peu près deux-tiers de nos jours de marche de 2015 s’effectueront sur le GR34 et ses variantes, essentiellement sur la côte nord.


Carte chronologique de nos randonnées de 2015

Jusqu’au printemps, nous maintenons le rythme adopté en 2013 : une randonnée de deux ou trois jours par mois. A partir du mois de juin, nous doublons la cadence, passant à une randonnée toutes les deux semaines. Cela nous permet de marcher une quarantaine de jours dans la région sur l’ensemble de l’année.

Autre changement notable : nous systématisons le bivouac en tente, et pour le rendre plus confortable, achetons au début de l’été notre premier équipement technique, le matelas autogonflant Prolite small de Therm-a-Rest, que nous combinons classiquement avec un tapis de sol léger, l’Arkmat 127. Le changement est radical, en terme de confort comme d’isolation. Après avoir dormi des années, en Bretagne et dans les Cyclades, sur le tapis de sol de base de Decathlon, nous découvrons ce qu’est une nuit véritablement réparatrice. Autrefois nécessité économique, la bivouac devient enfin un plaisir.

Une de nos premières nuits avec le Prolite small, dans une crique faisant face au port de Binic

Lorsque arrive l’automne et que les températures baissent, nous ne pouvons nous résoudre à abdiquer nos nuits en tente. En septembre, après avoir bien caillé près de Pont-Aven lors d’un bivouac sur la côte sud, nous comprenons que nous n’avons plus le choix : il nous faut abandonner nos sacs de couchage D4 de base, réunir nos économies et investir dans de bons duvets. Nous optons pour le Cumulus Lite Line 300, que nous jugeons suffisant pour supporter l’hiver breton. Il nous est livré au mois d’octobre. Nous filons immédiatement le tester à Brocéliande, où nous attend une nuit très fraîche. Le sac de couchage remplit parfaitement sa fonction, comme il le fera jusqu’à la fin d’une année où nous aurons bivouaqué presque vingt nuits dans la campagne bretonne, contre à peine trois l’année précédente.

La nuit de test du sac de couchage Cumulus Lite Line 300


Tracé de la randonnée Campénéac – Paimpont durant laquelle nous avons testé le sac (lien openrunner)

Photo matinale du bivouac, près de l’Hotié de Viviane

A droite de la photo, l’Hotié de Viviane

Avec le recul, Ivonig et moi sommes d’accord pour dire que 2015 marque l’apogée de nos pérégrinations bretonnes. C’est l’année où nous avons le plus progressé, en premier lieu sur le plan de l’équipement, et donc de la qualité des bivouacs, mais aussi sur le plan de la résistance à l’effort, de la préparation cartographique, de l’orientation, de la régularité des expéditions. Au plaisir de marcher et de nous améliorer, nous avons ajouté celui de nos baignades, qui n’ont jamais été si nombreuses que cette année, dans l’océan mais aussi dans l’eau douce, notre meilleur souvenir restant le bain nocturne dans le lac de l’Arguénon, au bord du bivouac dressé durant notre randonnée Plancoêt – Lamballe.


Tracé de la randonnée Plancoët – Lamballe (lien openrunner)

Trois randonnées se détachent comme nos favorites de 2015. La première s’est située dans le pays de l’Aven et nous a mené du pont Saint-Maurice, faisant frontière entre le Morbihan et le Finistère, jusqu’au village de Pont-Aven. Tout du long, on peut admirer le plus beau littoral de la côte sud, sauvage mais doux, percé de rias. En point d’orgue, le port de Doëlan, l’un des plus typiques de Bretagne, et la nuit près de la chapelle de Saint Léger, au bord du Bélon, une rivière soumise aux caprices des marées.

Le bivouac au bord du Bélon


Tracé de la randonnée (lien openrunner), le bivouac du Bélon étant celui de la deuxième nuit

La chapelle Saint Léger

Notre bivouac jouxtant la fontaine de la chapelle Saint Léger

Une autre fontaine dans les parages

Ivonig se baignant dans le Bélon avant d’aller se coucher

La seconde randonnée notable a consisté dans le tour du Cap-Sizun, la pointe sud ouest de la Bretagne. Notre ami Sacha nous accompagnait. Outre la célèbre pointe du Raz, notre boucle est passée par une autre pointe, celle du Van, toute aussi déchirée et soumise aux vents du large, mais plus verte. En cette fin de printemps, les sentiers qui nous y ont conduit étaient parsemés d’ajoncs en fleur. L’endroit reste encore aujourd’hui le plus beau tronçon de côte que nous ayons arpenté.

Au bout de Cap-Sizun


Tracé de la randonnée (lien openrunner)

Quelques points de vue sur la côte, aux abords de la pointe du Van

La troisième randonnée, l’une des plus jubilatoires que nous avons accompli en Bretagne, a consisté à joindre, sur la côte nord, Lézardrieux à Plouha par les méandres du sentier des douaniers. Certains passages, comme les environs de la pointe de l’Arcouest ou l’abbaye de Beauport, valent à eux seuls le détour, mais sont peu de choses à côté de notre détour par l’île de Bréhat, qui reste à nos yeux comme le coin le plus exceptionnel de toute la Bretagne. A retenir également, le final vers Plouha, de crique en crique, section exigeante durant laquelle s’enchaînent les montées et descentes.

Autour de l’île de Bréhat


Notre tour de l’île de Bréhat (lien openrunner)


Une vue satellite suffit pour deviner sa beauté


Le reste de la randonnée, entre Lézardrieux et Plouha (lien openrunner)

                                       Un des plus rudes raidillons gravi durant le final vers Plouha

Ce n’est pas seulement avec Ivonig que j’augmente le nombre de jours de marche durant l’année 2015, mais avec mes amis en général. Jamais je n’ai autant randonné en Bretagne en bonne compagnie, ni avant ni depuis. A l’inverse, je marche moins en solitaire qu’en 2013 et 2014. Non pas que je me lasse de l’isolement ; au contraire, j’y prends goût. C’est le principe des sorties restreintes à une journée, circonscrites aux alentours de Rennes, que je ne supporte plus; naît en moi l’envie de partir seul, hors de Bretagne et pour une durée plus longue, qui implique d’expérimenter le bivouac en solitaire. C’est ce à quoi je vais m’atteler dès l’automne 2015, avec, comme premier terrain de jeu, la proche Normandie.

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