Mille bornes dans le Massif central (printemps 2018) – 13/31 – le mont Lozère

De Genolhac, j’avais prévu de rallier le pic de Finiels, sommet du mont Lozère et objectif majeur du trek, par les pistes fades des GRs 7 et 72 ; c’était sans compter sur l’aide précieuse d’un intervenant du forum randonner-léger, qui me conseilla d’attaquer directement l’arête du massif depuis Genolhac, de passer par le pic Cassini, sa cime orientale, puis de suivre la ligne de crête hors-sentier jusqu’au point culminant. Cette alternative autrement plus réjouissante nous offrira des moments d’exception.

En rouge, la traversée des crêtes du mont Lozère (correspondant dans openrunner au jour 19 et au début du jour 20)

Levés en pleine nuit, nous attaquons dès l’aube les pentes raides du pic Cassini, sur de beaux sentiers perçant à travers les genêts. L’ambiance mystique des lieux est renforcée par d’épaisses brumes qui ne se dissiperont pas avant le serre de Vergeirousse.

Une grimpe dans le brouillard

Les arbres qui bordent notre voie…

…se mêlent bientôt aux genêts…

qui prennent le dessus…

avant de subir la concurrence d’énormes blocs de granits

On n’y voit pas à dix mètres

Un ruisseau débordant complètement de son lit

Au niveau du belvédère des Bouzèdes, les brumes commencent à se lever

Le sentier s’infiltre entre, à droite, les pentes du serre Fageolle…

et à gauche, la bosse avancée du serre de Vergeirousse

Passé le serre de Vergeirousse, nous progressons à plat, en contrebas de la crête, sur une pente douce où se mêlent le genêt, la rocaille et les maisons en pierre dispersées du hameau des Bouzèdes. Charmant tableau !

Autour des Bouzèdes

Une mer de genêts

Le hameau du Bouzèdes

Ses maisons dispersées

A notre gauche, une arête rocheuse s’étirant vers les rochers de Trenze

Un dernier coup d’œil sur les Bouzèdes…

et nous poursuivons notre route

Au loin à droite, le plateau de la Croix de l’Hermite

Le retour en forêt

Après trois kilomètres enchanteurs, nous nous enfonçons dans des bois de pins bien moins stimulants, tournés qu’ils sont vers la pratique du ski de fond. Un segment d’autant plus déplaisant que nos sacs ultra-légers sans armature sont plus lourds que jamais : ils pèsent au moins 12 ou 13 kilos, soit 2 de plus que la charge maximale que recommande leur concepteur. J’en pâtis quelque peu, Ivonig plus encore : depuis la rude ascension matinale, il ressent une gêne lancinante au niveau d’une vertèbre qui se perpétuera jusqu’à la fin du trek.

Nous transitons de piste en piste jusqu’au Mas de la Barque et ne retrouvons belles sentes et vues qu’à l’approche des hauteurs dépouillées du pic Cassini. La conquête de cette pointe orientale du mont Lozère entérine notre retour aux affaires après dix jours de marche sous les mille mètres.

Le pic Cassini

La vue se découvre aux abords du pic

Le triangle métallique servant de poteau géodésique

Vue du pic Cassini sur les Cévennes…

et la ligne de crête aplatie du mont Lozère

Nous nous attaquerons à la suite des crêtes le lendemain ; pour l’instant, nous revenons au col de l’Aigle, en-dessous duquel se terre le chalet du même nom, l’un des seuls refuges non gardés de renom du Massif central, où nous nous sommes promis de passer la nuit. L’abri est aussi plaisant par sa situation que par sa propreté ; nous nous y octroyons un repos salvateur d’une demi-journée, après une semaine de marche intensive.

Le refuge de l’Aigle

Le rocher de l’Aigle…

domine une vallée…

au fond de laquelle on peut repérer notre refuge

Le rocher de l’Aigle photographié durant la descente

  Le refuge

L’intérieur du refuge

Nous y allumons un feu…

dont les braises cuiront notre riz

On dort à l’étage, dans une mezzanine qui peut au moins accueillir 4 couches

Au réveil nous attend l’un des plus beaux moments du séjour : la traversée des crêtes qui s’étendent sur dix kilomètres entre les deux points culminants du mont Lozère, le pic Cassini et le pic de Finiels. Nous démarrons dans un désert de roche et de tourbe, qui s’étend au-delà du pic Cassini vers d’autres sommets puis s’affaisse lentement en un bassin herbeux dans lequel le Tarn prend sa source.

Sur les crêtes du mont Lozère

Le rocher de l’Aigle, notre point de départ

En surplomb du rocher…

un plateau tourbeux parsemé de blocs granitiques…

Nous le traversons par de vagues sentes…

qui disparaissent au niveau d’un chaos rocheux improbable

La crête aplatie et désolée du mont Lozère

Le genêt apparaît

Le bassin où le Tarn naît

Le ruisseau du Tarn

Au-delà du Tarn, l’absence totale de trace nous contraint à avancer à la boussole, sur un revêtement parfois traître. Nous nous dirigeons plein ouest, en direction de la Croix de Fer ; à ses abords, il nous faudra opérer quelques détours pour ne pas nous enfoncer dans des tourbières particulièrement douteuses.

L’épopée s’achève par le contournement de la forêt domaniale, derrière laquelle se cache le pic de Finiels. Nous y rencontrons quelques randonneurs arpentant le GR7 et, au carrefour de sentiers suivant, ceux, bien plus nombreux, qui déboulent du nord par le chemin de Stevenson. Nous qui étions, une heure plus tôt, isolés au milieu de nulle part, nous retrouvons incorporés dans une véritable procession de soixante-huitards. C’est en leur compagnie que nous accéderons au pic de Finiels, sommet des Cévennes.

Vers le pic de Finiels

Le hors-sentier entre le Tarn et la Croix de Fer

De la brume surgit la silhouette du mont Lozère

Le col de Finiels

Un sommet secondaire du pic de Finiels

Du pic de Finiels, vue vers le nord…

et l’ouest, sur les crêtes que nous avons parcouru toute la matinée ; au fond, le pic Cassini

Nous n’en avons pas fini avec nos amis retraités : à leur suite, nous allons suivre le chemin de Stevenson pendant 35 kilomètres.