Mille bornes dans le Massif central (printemps 2018) – 26/31 – le plateau du Limon

Nous laissons derrière nous le Claux, village marquant la sortie des monts du Cantal, deux bonnes journées avant l’arrivée de notre ami Sacha, qui va finir le trek a nos côtés. Nous lui avons donné rendez-vous à l’entrée des monts du Cézallier, à Landeyrat, village situé à même pas trente kilomètres de celui du Claux, de l’autre côté du plateau du Limon. Deux journées tranquille nous attendent ; une bonne occasion pour récupérer des efforts consentis ces huit derniers jours !

En rouge, notre contournement du plateau du Limon (correspondant à la fin du jour 36, au jour 37 et au jour 38 sur openrunner)

Au nord du Claux, quelques-uns des innombrables ruisseaux déferlant des pentes du puy Mary se déversent dans le petit lac des Cascades.

Il est bordé d’une pelouse bien entretenue où nous faisons une halte discrète pour la nuit.

Notre bivouac

Le lendemain, nous longeons les contreforts du plateau de Limon, à destination de Saint-Bonnet-de-Condat, petit village perdu en fonds de vallée, le seul des parages disposant d’un camping en activité. Et quel camping ! Le plus plaisant du séjour : familial, bucolique, fonctionnel, offrant tous les services possibles, en premier lieu l’épicerie et la restauration, pour des sommes modiques. C’est le poumon qui maintient en vie ce désert rural. Nous y arrivons à midi, au terme d’une balade stimulée par quelques avatars de l’architecture locale, et y végéterons toute la journée et la matinée du lendemain, histoire d’en repartir complètement reposés.

Quelques édifices du plateau du Limon

La ferme-château d’Escorolles…

…le village de Cheylade, et son église Saint-Léger…

…le château des Mouleyres…

…et à l’horizon, les ruines de celui d’Apchon

Une maison de Regheat

Le village de Saint-Bonnet-sur-Condat…

…où nous nous reposons

Quelques kilomètres seulement séparent Saint-Bonnet-sur-Condat du hameau de Landeyrat. Partis trop tôt, nous y arrivons plusieurs heures avant Sacha et en profitons pour visiter, au sud du village, une gare abandonnée qui était autrefois la plus grosse gare française de transhumance. Le pâté de maisons la comprenant est entouré de pâturages et de tourbières si dépouillées qu’on se croirait au far-west, impression que renforce le porche typiquement américain du café fermé sous lequel nous patientons.

Autour de Landeyrat

Les pâturages épurées de la vallée d’Artiges

Le buron des Moutissous

La tourbière de Lechauffat

Le cimetière de Landeyrat

Landeyrat, où nous dénombrons une église, zéro voiture et cinq ou six tracteurs

Le café jouxtant l’ancienne gare

Après bien des peines, Sacha, qui avait prévu d’atteindre le village en bus depuis Murat, y débarque finalement dans une voiture qu’il devra récupérer au terme du trek. Nous cherchons en vain un spot de bivouac autour du chaos basaltique bordant Landeyrat, et en désespoir de cause, profitons de la voiture pour filer à la proche cascade des Veyrines. Dans l’un des pâturages criblés de bouse la surplombant, nous dénichons un espace suffisant pour planter nos tentes et fêtons dignement nos retrouvailles en enfilant au coin du feu le repas traditionnel de notre trio : brochettes de viande, andouillettes, patates en papillote, le tout arrosé de trois litres de vin.

Le bivouac des Veyrines

Le chaos basaltique de Landeyrat, où nous échouons à nous installer

La cascade des Veyrines vue de près…

…et de loin

Nous prospectons dans les hauteurs…

Bivouac installé ; à la vôtre !

Pour mémorable qu’elle fut, cette première et dernière cuite du séjour n’aura pas été, sur le plan tactique, des plus pertinentes, les 6 derniers jours de marche nous réservant un effort moyen de 26 bornes pour 850 mètres de dénivelé.