Au sommet des Bauges (octobre 2018) – 3/3 – un final corsé

Du refuge du Charbon, plutôt que de retourner directement à Ecole, j’ai dans l’idée d’opérer, à destination du mont Colombier, un détour si copieux qu’il va contraindre mes deux compères à accomplir, au cours du troisième jour de marche, un effort pour eux inédit : 27 bornes avec 1900 mètres de dénivelé positif, dont 1100 dans le mur final, et presque autant de négatif, menu à ingurgiter en un temps restreint, octobre oblige.

En rouge, le troisième jour de marche et la matinée finale

L’addition aurait pu être moins salée si nous n’avions pas du, au-delà de la pointe de Banc Plat, renoncer à poursuivre notre route sur la crête de la montagne du Charbon, trop escarpée à notre goût.

Aux limites de la randonnée

Le Mont Blanc au réveil

La crête que nous visons, filant jusqu’à la Dent des Portes, notre objectif

Vue sur la pente déjà avalée en direction d’une arête…

…dont les flancs sont de véritables falaises

La crête menant à la Dent des Portes est extrêmement étroite…

…et passée la pointe de Banc Plat, ses pentes sont verticales, à l’est comme à l’ouest

De retour d’une brève reconnaissance, je vais dans le sens de mon frère: mieux vaut reculer

Qu’à cela ne tienne! C’est par une voie moins directe, tout aussi belle mais bien plus longue que nous atteindrons la Dent des Portes, point de bascule vers la vallée du Grand Nant.

L’approche de la Dent des Portes par la bande

Nous dévalons un corridor herbeux nous ramenant vers une voie plus classique

Ledit corridor vu de la suite du parcours

Nous transitons par le renfoncement boisé du Planet

A notre droite, la Dent des Portes

Un dernier regard en arrière…

…un crochet par le chalet des Gardes…

…et un sentier de crête bien plus abordable…

…nous ramène au col de la Dent des Portes

Du col, vue vers l’arête qui nous a forcé à reculer (à gauche sur la photo)…

…le Mont Blanc…

…et sur le profond vallon qui nous sépare du mont Julioz

Il nous faut à présent faire le tour du mont Julioz par le fond de vallée, notre objectif, le village du Châtelard, étant niché de l’autre côté de cette barre rocheuse, à une douzaine de kilomètres.

Vers le Châtelard

Nous descendons par une voie large au creux de la vallée du Grand Nant…

…et y poursuivons notre route par des sentes plus étroites

Le ruisseau du Grand Nant, que nous suivons presque tout du long…

…est par endroit asséché

Une partie plus aérienne du tracé, entre la Compôte et le Châtelard

L’église du Châtelard

Il ne reste que quelques heures de jour quand nous arrivons au village, et le site où j’ai planifié un bivouac est perché dans le cratère du mont Colombier, 1100 mètres plus haut. Un détour rapide par le supermarché local, un repas aussi copieux qu’expéditif, une brève digestion et nous attaquons les premières pentes d’un terrible raidillon au revêtement rocailleux.

A la peine une heure plus tôt, Sacha est survolté; il imprime un rythme si intense qu’Ivonig et moi peinons à rester dans son sillage. Nous tenons toutefois, et notre détermination porte ses fruits : avant même le coucher du soleil, nous dépassons la combe de Lillette et franchissons le col de Rossanaz. Il nous aura fallu à peine 2 heures de lutte pour mater 1000 mètres de dénivelé, malgré la somme d’effort accumulée depuis l’avant-veille.

Face à nous, le vaste cratère du mont Colombier, où j’ai prévu de dormir; un choix qui se révelera peu pertinent, la cuvette, très humide, nous faisant pleinement ressentir des températures automnales déjà nettement négatives.

Une ascension intense

Sacha en plein effort

La traversée de la combe de Lillette

L’arrivée au col de Rossanaz

Au-delà, le mont Colombier…

…dont les pentes forment une profonde cuvette herbeuse…

…au fond de laquelle nous dressons nos tentes…

Gros plan sur le bivouac

Une journée éreintante, une nuit glaciale, une tente givrée, des duvets trempés: le réveil sera plutôt rude! En guise de repentir, la Providence nous gratifie d’un beau cadeau matinal: un panorama nuageux onirique sur les Alpes, du sommet du mont Colombier, dressé 300 mètres au-dessus de la cuvette.

Du haut du mont Colombier

Devant nous, l’arête à gravir pour accéder au sommet

Le col du Colombier

Ivonig approche le sommet…

…et y trône fièrement

Autour de nous, une féérique mer de nuages…

…dont surgit notamment la forteresse naturelle de la Chartreuse…

…qui me rappelle, en plus impressionnante, celle du Causse Méjan

L’apogée du séjour est passée; il ne nous reste qu’à dévaler les pentes du mont Colombier jusqu’à Ecole, en croisant nombre de chasseurs et de randonneurs venus profiter de leur dimanche.

La descente finale

Sa première phase, sur une arête…

…qui s’effondre vers le col de la Cochette

Le mont Colombier vu du col

Une seconde phase à travers les pâturages…

…et une troisième dans les bois de la Fullie

Nous concluons notre boucle à midi, nous ménageant ainsi un après-midi de repos avant notre second trek, qui aura pour cadre un massif pré-alpin que tout oppose à celui des Bauges, celui des Baronnies provençales.