Propos épars sur mes randonnées bretonnes (2016)

Si l’année 2015 reste celle où Ivonig et moi avons pris le plus de plaisir à arpenter la Bretagne, l’an 2016 est objectivement l’année reine de nos périples armoricains, celle où nous avons avalé le plus de kilomètres (environ 1100), celle où nous avons réalisé nos treks les plus ambitieux et, surtout, celle où nous avons définitivement mis au point notre équipement.

Carte chronologique de nos randonnées bretonnes de 2016

Après avoir amélioré notre système de couchage au cours de l’année 2015 (voir ici), nous nous sommes attaqué aux deux autres éléments, presque aussi importants, du trio clef couchage / tente / sac à dos. Nos sac à dos et notre tente D4 étaient tous deux usés, et nous comptions au départ les remplacer par d’autres du même type. Problème, les nouveaux modèles Décathlon ne nous plaisaient pas. J’ai convaincu mon frère de mettre la main à la poche, et au début du printemps 2016, nous nous sommes procurés un matériel technique onéreux, qui nous a depuis pleinement satisfait.

La tente est un modèle canadien de chez Tarpent, la Double Rainbow. Elle pèse seulement un kilo, soit deux fois moins que notre tente D4, prend deux fois moins de place, tout en étant bien plus spacieuse : un vrai bonheur, même s’il faut en prendre soin, et notamment l’étanchéifier régulièrement. Depuis le printemps 2016, je l’utilise avec mon frère, mais également quand je randonne seul ; je dispose alors d’un vrai palace. Un seul bémol : pour l’importer du canada, il nous en a coûté presque 150 euros, rien qu’en frais de transport et de douane !

Quant aux sacs, nous avons choisi des modèles produits par Kinpu San, surnom d’un passionné français vivant au Japon. Ils n’ont pas d’armature, le cylindre que nous formons à l’intérieur avec nos tapis de sol suffisant à les rigidifier. Kinpu San nous les a cousu sur mesure. Si on excepte le fait qu’il n’aèrent pas bien le dos, ces sacs sont géniaux : ultra-légers (moins de 500 grammes avec tous les renforts ajoutés), confortables jusqu’à 12 kilos de portage, ayant vraiment la contenance de 40 litres qu’ils sont censés avoir, allongés et étroits pour ne pas gêner quand la végétation se fait oppressante, ils se ferment avec un système ingénieux qui permet de toujours les maintenir compacts, qu’ils soient surchargés ou à moitié vide.

Avec ces deux achats, nous avons achevé la structure de base de notre équipement. Nous l’avons immédiatement testé sur la côte nord, entre Locquirec et Morlaix. Lors de cette superbe randonnée, l’entrée par l’est dans la baie de Morlaix étant l’une des plus belles expériences de marche en Bretagne, notre équipement a prouvé l’étendue de ses qualités, et continue depuis de le faire aux quatre coins de la France et de l’Europe.

L’amélioration de notre équipement

Le dernier bivouac avec notre tente et nos sacs D4, dans une ruine près d’Erdeven

La randonnée Locquirec – Morlaix, durant laquelle nous avons testé notre nouvel équipement (lien openrunner)

Notre nouvelle tente, la Double Rainbow, testée sur la côte, près du Beg an Fry

Notre nouveau sac, le KS40, photographié près de Plougasnou

Au-delà du perfectionnement technique, l’année 2016 constitue notre apogée en terme de randonnées accomplies. Au total, nous avons marché plus d’un mois et demi, pour 33 nuits de bivouacs et au moins un trek conséquent par mois, trois records qui resteront inégalés.

Plus encore, en septembre, nous avons achevé le tour intégral de la Bretagne, en joignant Hanvec à Douarnenez au terme d’une marche intensive de quatre jours et demi pour plus de 160 bornes autour de la presqu’île de Crozon. Cette randonnée fait partie, avec le tour de Belle-Ile-en-Mer, la traversée de la Cornouaille et la conquête de l’île d’Ouessant, des quatre randonnées bretonnes majeures de notre année 2016, que je narre dans un récit spécifique (voir ici).

En dehors de ces quatre expéditions, je retiendrai plusieurs bivouacs pittoresques. Le meilleur fut probablement celui établi sur la côte sauvage de l’île de Groix, durant lequel notre ami Sacha nous a cuisiné sa spécialité : grillade de saucisses, patates cuites dans de l’aluminium avec sauce béarnaise et marshmallow fondus, le tout arrosé de vin rouge. D’autres bivouacs viennent à l’esprit, tels ceux des Chaos du Gouët, de la Chambre au Loup, ou encore la nuit dans une grotte de la vallée des Traouïero, près de Ploumanac’h.

Quatre bivouacs bretons de notre duo durant l’année 2016

Le bivouac sur la côte sauvage de Groix

La randonnée correspondante, autour de l’île de Groix (lien openrunner)

Ivonig et Sacha préparant le repas

Le plat principal, saucisses grillées et patates sous aluminium

Le vin commence à faire son effet

Le bivouac des Chaos de Gouët

La randonnée correspondante, de Quintin à Saint-Brieuc (lien openrunner)

Le plus gros chaos rocheux

Le bivouac en surplomb de la Chambre au Loup

Ivonig face à la Chambre au Loup, en pleine illumination philosophique

La randonnée correspondante, d’Iffendic à Plélan-le-Grand (lien openrunner)

Bivouac en plein air sous une grotte de la vallée des Traouïero

La randonnée correspondante, de Perros-Guirrec à Lannion (lien openrunner)

Autre moment mémorable, la découverte, lors d’un trek entre Le Faouët et Gestel, de la chapelle Sainte-Barbe et de son esplanade monumentale. Le lendemain, après avoir été contrôlé au réveil par des gendarmes compréhensifs, nous avons été accueilli, à l’occasion du déjeuner, par de sympathiques dominicaines dans leur château de Pontcallec. Le troisième jour, alors que nous tentons de traverser la rivière du Scorff après l’avoir longé pendant des kilomètres, un gué en bois s’effondre sous mon poids ; je me retrouve immergé dans les eaux vives pendant quelques secondes, pétrin dont je me suis extirpé sans trop savoir comment.

La randonnée entre Le Faouët et Gestel par les rives du Scorff

Le tracée de la randonnée (lien openrunner)

                             L’arrivée à la chapelle Sainte-Barbe

La chapelle et son esplanade monumentale

Ivonig devant le château de Pontcallec

Un arbre ancestral au milieu du Scorff

La seconde nuit de bivouac, sur les rives du Scorff

Ivonig échouant à traverser le Scorff, peu avant que je détruise un gué

Viennent enfin quelques souvenirs pêle-mêle : d’abord deux sites d’arrivée, la cité perchée de Bécherel, toute de vieille pierre, ou la ville close de Concarneau et son superbe beffroi ; ensuite le passage dans l’ancien évêché de Tréguier, dont la vieille ville, parfaitement préservée, est axée autour de la plus belle cathédrale de Bretagne, où est enterré Saint Yves, son saint patron ; enfin une nuit où, censés dormir à Quistinic, dans le coin où sont nés nos ancêtres maternels, nous y avons bu trop de vin, et fortifiés par l’ivresse, nous sommes élancés en pleine nuit jusqu’au village médiéval de Poul Fetan, quelques kilomètres plus loin. Un écart chèrement payé le lendemain.

                                          La maison du littoral, près de Tréguier

En 2016, si j’ai beaucoup marché en Bretagne avec mon frère, je n’ai quasiment pas emmené d’autres amis, si ce n’est Sacha, avec qui j’ai inauguré la méthode du road-trek dont je parle ailleurs (voir ici). Quant à mes randonnées armoricaines solitaires, elles furent éparses mais, dans la continuité de mes randonnées normandes (évoquées ici), étalées sur plusieurs jours, avec bivouac en solo. L’un d’entre eux, près du port de Daouët, fut dressé dans le jardin d’un homme ayant proposé de m’accueillir après m’avoir vu poser ma tente dans un bois voisin. Un autre eu pour théâtre le Val sans retour, dans la forêt de Brocéliande, par une nuit de février glaciale qui éprouva mon système de couchage.

Deux treks armoricains solitaires

Le sentier des douaniers, peu avant Dahouët

Le port de Dahouët à l’aube

Le départ matinal d’un chalutier

Une mer d’ajoncs dans la forêt de Brocéliande

Le Val sans retour

La crête de grès rouge du Val sans retour

Un bivouac glacial sur la crête

L’herbe gelée au petit matin

Année prolifique, 2016 est également celle où mon frère commence à se lasser d’arpenter sa terre natale, et moi avec. J’en ai fait le tour, sature de ses paysages, du manque de dénivelé et ne voit plus vraiment l’utilité d’y tester un équipement déjà au point. Il me tarde de le mettre à l’épreuve dans des périples plus exotiques, à commencer par celui programmé en Irlande, en plein mois d’avril !

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