Pérégrinations en Catalogne (juin 2017) – 2/5 – de Mont-Ral à l’Albarca

En 30 kilomètres, aucun moment transcendant, aucun temps faible : c’est une grande constance qui marque ce deuxième jour de marche au cœur des Muntanyes de Prades.

En rouge, la trace du deuxième jour de marche

A l’ouest du village de Mont-ral, la colline forme une arête que je remonte jusqu’à la Foradada, une arche naturelle transperçant la paroi rocheuse. Elle permet de franchir sans effort une falaise qu’on longe ensuite pendant plusieurs kilomètres, sur un étroit sentier en balcon entrecoupés de quelques passages d’escalade faciles.

Autour de l’arche de la Foradada

La paroi dans laquelle est creusée la Foradada

L’arche apparaît entre les arbres

L’approche de l’arche

Le sentier en balcon à flanc de falaise qui démarre au-delà de l’arche

Un peu d’escalade

Vue rétrospective sur un virage du sentier

On débouche finalement sur un plateau comptant bien plus de sentiers et pistes que ce que les cartes indiquent. Je m’égare dans ce labyrinthe et divague une demi-heure dans une mer de buissons avant de retrouver ma route. Elle me conduit jusqu’à une seconde bizarrerie géologique, le Pont de Goi, un pont naturel qu’on enjambe avant de passer dessous. Commence alors une belle section en descente sur le flanc gauche du vallon d’Horla, qui s’achève au village de Capafonts. Après avoir végété quelques minutes dans une étonnante piscine municipale en plein air, ouverte et non gardée, je me dirige vers une taverne indiquée par Mayake ; elle est exceptionnellement fermée, ce qui m’oblige à me rabattre sur un restaurant dont le blogueur a dit du mal. Un jugement un peu sévère : on m’y sert un repas correct et copieux pour une dizaine d’euros.

Vers le village de Capafonts

Le moment où le sentier en balcon bifurque vers le plateau

Vue en arrière sur la paroi rocheuse que j’ai longé

Le Pont de Goi ; le sentier passe au-dessus, puis en-dessous

La vallée de l’Horla

Le village de Capafonts

Son église

Sa piscine municipale

A la sortie de Capafonts démarre la plus sévère ascension de la journée, en direction de l’ermitage fermé de Mare de Deu de l’Abellera. Au-delà, je décide de zapper un détour septentrional par le sommet de Prades, à la fois parce qu’il compte trop de routes carrossables à mon goût et que je crains de ne pas atteindre le refuge de l’Albarca avant la nuit. Je file donc directement, sur un chemin à fleur de roche, vers le village de Prades, centre historique du massif. Il est axé autour d’une belle place fermée dont Miro aimait peindre l’église à une époque où il ne s’était pas encore entiché des délires surréalistes.

Entre Capafonts et Prades

Au cœur de l’ascension

L’ermitage de Mare de Deu de l’Abellera

Le joli sentier menant à Prades

Une rue de Prades

La voûte jouxtant l’église de Santa Maria permet d’accéder à la place centrale du village

La façade de l’église vue depuis le centre de la place

Les bâtiments faisant face à l’église

La fatigue se fait ressentir ; je végète au moins une heure sur une terrasse de café avant de reprendre la route. Le balisage me dirige alors vers le sommet du Pla de la Guardia, que je dévale hors-sentier afin de gagner du temps. De retour sur le tracé balisé, tout fier d’avoir emprunté un raccourci judicieux, je me déconcentre complètement et m’engage à tort dans un sentier qui rajoute 2 kilomètres et presque 200 mètres de dénivelé à mon parcours. La perte de temps est telle que je crains d’arriver de nuit au refuge de l’Albarca. J’accélère donc durant la longue descente vers la vallée du Mas d’en Lluc, plus encore sur les pistes montant à l’Albarca ; c’est à toute vitesse que j’atteins un village complètement désert, au moment même où le soleil se couche.

Comme je le craignais, le refuge est fermé. Arriver plus tôt n’y aurait cependant rien changé : il n’ouvre que le week-end. Le ciel étant peu nuageux, les prévisions météos optimistes, je décide de dormir à la belle étoile sur la terrasse du refuge, à laquelle j’accède en enjambant discrètement une simple barrière.

Vers le village de l’Albarca

Le sentier que je n’aurais pas du emprunter, en contrebas du Pla de la Guardia

Les champs cultivés du Mas d’en Lluc

La vallée faisant face à l’Albarca

La seule rue du village

Son église rustique 

Le refuge de l’Albarca vu de l’ouest

De l’autre côté, une terrasse, sur laquelle je dresse mon bivouac

Un sol bien plat, une vue panoramique sur la vallée : l’emplacement de bivouac aurait été idéal si quelques moustiques n’étaient pas venu m’empêcher d’admirer tranquillement la voûte étoilée en m’endormant.

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