Pérégrinations en Catalogne (juin 2017) – 3/5 – de l’Albarca à Vilaplana

La troisième journée de mon trek sur la Ruta dels Refugis est l’occasion d’arpenter sa plus belle section, entre l’Albarca et et les gorges de Siurana. Un moment jouissif que vient ternir le final vers le refuge de Mussara, placé sous la double malédiction de la pluie et de l’asphalte.

En rouge, la troisième journée de marche, ainsi que la courte descente matinale vers Vilaplana le quatrième jour

A la sortie d’Albarca, je fais face aux contreforts de la Serra de Montsant. Un chemin grimpe dans ses hauteurs vers l’ouest ; un peu plus loin, celui de la Ruta dels Refugis plonge plein sud dans la vallée ; suivant les conseils de Mayake, je préfère rester à même hauteur, sur un sentier en balcon suivant le balisage du GR174. Il longe les flancs de la Serra de Monsant, en surplomb de petites falaises aux rebords polis ; à ma gauche, d’amples panoramas sur la vallée de Cornudella de Montsant et derrière elle, sur les monts enfermant le village de Siurana, arrosés de soleil. Trois kilomètres de toute beauté qui lancent parfaitement ma journée de marche.

Sur les contreforts de la Serra de Montsant

Le départ du sentier en balcon

Il continue à travers de petits chaos rocheux

Vue sur la vallée depuis le sentier en balcon

Un champignon pierreux ; en arrière-plan, les parois de la Serra de Montsant

Le segment en balcon sur un promontoire rocheux

Au loin, Cornudella de Montsant

Le sentier en balcon s’achève aux abords de l’ermitage de Sant Joan del Codolar, un vieil édifice religieux blotti dans un encaissement de la colline. Son charme certain est diminué par quelques rénovations faites à grand renfort de béton.

L’ermitage de Sant Joan del Codolar

L’arrivée dans l’ermitage

Une aire de pique-nique aménagée devant l’entrée

Le bâtiment principal de l’ermitage

A droite de la porte d’entrée, un sonnet de Josep Carner auquel je n’ai rien compris

Peu après avoir dépassé l’ermitage, le sentier file droit dans la vallée, vers Cornudella de Montsant. J’y ingurgite mon traditionnel sandwich-coca, transite par la route jusqu’au lac artificiel de Siurana, quasiment asséché en ce début d’été puis m’enfonce entre deux massifs rougeâtres qui auraient pu servir de décor à un western spaghetti s’ils étaient moins verdoyants.

Autour de la ville de Cornudella de Montsant

Le chemin menant à la ville

Vue rétrospective sur les pentes de la Serra de Montsant

Une rue de Cornudella de Montsant

Son église

Le lac artificiel du Siurana

Les deux massifs entre lesquels s’infiltre mon tracé

Le village est en vue

Sur le petit plateau ceinturé de falaises culminant au sommet de l’un des deux massifs trône le village de Siurana, très touristique parce qu’impeccablement conservé. Après trois journées de solitude complète, je suis surpris par l’affluence qu’il génère. L’heure est au déjeuner ; ses restaurants regorgent de clients, dont certains doivent faire la queue, pendant que le reste du trop-plein arpente les ruelles pavées du village, bordées de belles demeures en vieille pierre.

Dans le village de Siurana

L’arrivée au village

Les mêmes façades depuis un autre point de vue

Quelques ruelles

Le belvédère naturel au nord-ouest du village

Vue sur le village depuis le belvédère

Comme souvent, le plus beau bâtiment du village est son église, dédiée à Marie et bâtie au bord de la falaise, d’où elle domine les vallées et lacs environnants. Je la photographie sous tous les angles depuis divers points du plateau rocheux qui l’encercle.

Autour de l’église de Santa Maria de Siurana

L’église et le village vus depuis la longue excroissance orientale du plateau rocheux

Vues sur l’église et ses falaises depuis l’est

La façade nord de l’église

Un calvaire érigé sur la pointe ouest du plateau rocheux

Vue sur l’église depuis les abords du calvaire

Un site tout aussi fascinant m’attend à la sortie du village : les gorges du Siurana, dans lesquelles je pénètre par les hauteurs. Pendant quelques dizaines de minutes, j’y progresse un peu en-dessous de la crête, à flanc de falaise, sur une voie en balcon creusée dans la roche, assez vertigineuse bien qu’elle ne présente aucun danger. Ce passage impressionnant est magnifiée par les vues plongeantes sur le fond de vallée, où serpente le Siurana. Baignant dans la foule une heure plus tôt, me voici complètement seul, sur un site égalant en beauté le précédent. Ainsi puis-je une fois de plus vérifier l’attitude grégaire des masses touristiques. Tant pis pour elles, tant mieux pour moi !

En haut des gorges de Siurana

L’impressionnant départ du sentier

L’étroit chemin contourne les escarpements de la falaise

En arrière, le lac artificiel du Siurana

Une section plus conventionnelle du sentier

Le second passage vertigineux, vu de l’ouest…

…et de l’est

Les derniers arpents avant la descente

L’intermède idyllique prend fin lorsque le sentier plonge en lacets vers le fond du vallon. Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, il se met à pleuvoir. De courtes averses m’importunent pendant que je longe les petites cascades du ruisseau de Siurana, entrecoupées de bassins d’eau translucide. La pluie cesse quand je resurgis du vallon mais reprend un peu plus loin, avec une intensité supérieure. Pendant que j’avale les sept kilomètres de route goudronnée me séparant du hameau en ruines de la Mussara, elle se transforme en un véritable déluge, dont des bourrasques puissantes durcissent l’effet. J’atteins trempé jusqu’aux os le refuge de la Mussara, qui n’ouvre qu’une heure plus tard. Fort heureusement, un Chilien souhaitant comme moi y passer la nuit me permet de patienter avec lui dans sa voiture. La pluie cesse peu après ; la Providence nous présente ses excuses sous la forme d’un arc-en-ciel.

Vers le refuge de la Mussara

Le franchissement du ruisseau du Siurana

La végétation touffue au creux de la gorge

Une première cascade

Une seconde…

…qui se jette dans un bassin turquoise où je me serais baigné si la pluie ne menaçait pas ma tranquillité

Vue rétrospective sur les gorges du Siurana

Le refuge de la Mussara

L’arc-en-ciel couronnant Tarragone

Un second réconfort surviendra plus tard, sous la forme du repas que nous préparera la sympathique gardienne du refuge, aussi savoureux que bon marché. Les prix abordables auront d’ailleurs été une constante durant mon trek sur la Ruta dels Refugis. Il en ira autrement dans le massif de Montserrat.

Après une nuit reposante, je descends à Vilaplana par une variante du chemin gravi le premier jour, rejoint Reus en bus et prends le premier train pour Barcelone, d’où un autre train m’emmène en bas du téléphérique de Montserrat, lieu de départ de ma seconde randonnée catalane. La transition aura pris trois bonnes heures.

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