Traversée de Tenerife (décembre 2016) – 13/13 – de Benijo à Igueste de San Andres

Depuis le village de Benijo, il me paraît envisageable d’arriver le soir même à celui d’Igueste de San Andres, terme de mon trek. En fait, je sous-estime les difficultés qui m’attendent, mettrai toute la journée à avaler les 1500 mètres de dénivelé positif qui me séparent du village d’altitude de Lomo de las Bodegas, et n’atteindrai la côte où s’achève mon périple que le lendemain matin.

Le tracé des deux derniers jours de marche, en rouge le treizième, en bleu le quatorzième (liens openrunner)

Un sentier démarre à Benijo qui s’élève à presque 500 mètres de hauteur. Il croise alors le chemin par lequel j’aurais du redescendre de la crête du massif que j’ai échoué à atteindre la veille. Je ne regrette finalement pas mon tracé alternatif, une superbe voie pavée qui me permet d’apprécier une dernière fois dans son ensemble la côte longée ces trois derniers jours. Au croisement, je retrouve le tracé que j’avais planifié ; il me conduit au village d’El Draguilo, 300 mètres plus bas.

De Benijo à El Draguilo par les hauteurs

Le chemin pavé par lequel je m’extirpe de la vallée de Benijo

Une première vue sur la Punta las Palmas, pointe septentrionale de Tenerife

Vues rétrospectives sur le village d’Almaciga

Au chemin pavé succède un sentier terreux

Une dernière vue vers l’ouest avant de basculer vers la pointe de l’Anaga

A El Draguillo, l’une des rares maisons en pierre croisée durant mon trek

Au-delà d’El Draguillo et d’un chemin entrecoupé de pierriers m’attend un site emblématique de Tenerife, la Punta las Palmas, extrémité septentrionale de l’île. C’est une pointe que prolongent au large quelques rochers, dont l’énorme Roque de Dentro, et qui abrite sur son plateau herbeux une église en ruine et le hameau d’El Chorro. L’endroit est particulièrement photogénique.

La Punta las Palmas

Un pierrier traversé sur ma route

La Punta las Palmas vue des hauteurs

L’étrange falaise striée séparant le plateau herbeux de l’océan

Le Roque de Dentro et d’autres plus petits forment les Roques de Anaga

Un âne du hameau qui me suivra quelques centaines de mètres, légèrement oppressant

Trois bornes sur un sentier en balcon et j’atteins le classieux phare de l’Anaga, édifié à 200 mètres de hauteur. C’est le pendant, au nord-est de Tenerife, du phare du Teno situé au nord-ouest, que j’avais visité onze jours plus tôt. En marchant de l’un à l’autre, j’ai en quelque sorte achevé la traversée de l’île par ses trois massifs. Pour relier les deux rives, depuis la plage de Masca où a démarré mon trek, il ne me reste qu’à descendre à Roque Bermejo, petite station balnéaire blottie sous le phare. Sur la plage volcanique de ce village, je me baigne pour la première fois du séjour dans l’océan. La température de l’eau est semblable à celle de la Méditerranée en mai, un vrai plaisir.

Autour du phare de l’Anaga

Le phare

En contrebas, le village de Roque Bermejo

Le chemin pavé qui y descend

Le phare vu du chemin

La plage de Roque Bermejo

Initialement, je ne devais pas descendre jusqu’à la plage, mais obliquer depuis le phare vers un chemin de crête menant au village de Chamorga. Plutôt que de repasser par le phare, je préfère rallier Chamorga par une voie alternative remontant une vallée encaissée. Le parcours aurait été plus plaisant sans les lignes électriques destinées à alimenter Roque Bermejo ; elles polluent les vues, en soi impressionnantes, sur les deux montagnes qui enserrent le vallon, la Montana Tafa et la Montana del Barro.

Vers Chamorga

Le vallon que je remonte à destination de Chamorga

Le sentier agrémenté de poteaux électriques

Au terme du sentier, la première maison de Chamorga

Un peu au-delà du village, quelques pelouses sauvages m’incitent au bivouac. Je ne cède pas à la tentation, préférant marcher un maximum avant la tombée du jour. Je franchis le col, déboule de l’autre côté dans le village de Lomo de las Bodegas, pique une orange dépassant d’un jardin sous le regard réprobateur d’un voisin, grimpe un dernier raidillon vers l’église quelconque d’Atalaya del Sabinal et entame la longue descente finale du trek. Dès les premières rampes, je repère un champ propice au bivouac. J’y laisse mes affaires, inspecte les alentours et tombe sur des terrasses en friche encore plus adéquates : plates et abritées d’un vent qui souffle toujours très fort. C’est ici que je dresserai une dernière fois ma tente à Tenerife !

Mon dernier bivouac à Tenerife

Une clairière ou j’hésite à faire halte pour la nuit

Le chemin menant au col

Au-delà du col, le village de Lomo de las Bodegas

Une voie terreuse en escaliers me permettant d’avaler la dernière grimpe du trek

Vue rétrospective depuis Atalaya del Sabinal

Le site de mon dernier bivouac

Entre site du bivouac de celui où s’achève mon trek, le village d’Igueste de San Andres, une descente de 600 mètres que j’emprunte tranquillement, appréciant une dernière fois les vues sur des montagnes éclairées par le soleil matinal. Les deux derniers kilomètres s’effectuent sur l’asphalte ; cela faisait plusieurs jours que je n’y avais plus goûté dans la longueur, tant l’Anaga regorge de beaux chemins.

La descente finale

L’instant où Igueste de San Andres apparaît en contrebas

Le village reste visible durant toute la descente

Une dernière vue sur le massif de l’Anaga, avant que le soleil perce les nuages…

…et après

Les derniers arpents de sentier

Vue sur Igueste de San Andres peu avant de déboucher sur la route

Un premier bus m’emmène par la côte jusqu’à la très touristique plage de las Teresitas, artificiellement constituée avec des millions de tonnes de sable blanc importé du Sahara. J’y prends un bain, une douche dans les sanitaires disponibles à l’arrière de la plage, un repas et saute dans un deuxième bus en direction de Santa Cruz de Tenerife, centre névralgique de l’île.

La plage de las Teresitas

Une longue balade dans la capitale de l’île me permet d’affirmer qu’il n’y a rien de bon à en tirer, sauf pour les adeptes de béton et d’architecture contemporaine, dont je ne suis pas. Un match du Real Madrid m’aide à tuer le temps ; la nuit tombe quand un troisième bus m’emmène à l’aéroport, où m’attend la classique semi-nuit blanche précédant le retour en France.

Conquis par un trek intense ayant guéri le spleen dans laquelle me plongent habituellement les vacances de noël, je réfléchis déjà, dans l’avion de retour, à la destination de l’hiver suivant. J’opterai finalement pour les Baléares (voir ici), dont la découverte sera tout aussi jouissive.

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