Voyage en Suisse romande (septembre 2017) – 4/9 – du Stigelschagberg au col du Sanetsch

Au-delà du Stigelschafberg, nous entamons une transition dans les vallées plus fertiles de Lauenen et Gsteig, que séparent les pentes du Spitzhore. Il faudra attendre la montée vers le col du Sanetsch pour quitter ces terres où alternent sous-bois et pâturages.

En bleu, la seconde partie du tour du Wildhorn

La voie normale reliant le promontoire du Stigelschafberg à la cabane Gelten est fermée ; il nous faut emprunter une voie plus longue passant par le Stieretungel, un alpage marécageux. Nous y descendons par un sentier s’infiltrant dans la falaise et progressons si tranquillement sur cette vaste étendue herbeuse que nous n’avons plus vraiment le temps de faire étape à la cabane Gelten. Nous préférons plonger directement vers le lac de Lauenen par un raidillon en sous-bois qui nous dépose en fin d’après-midi au bord du plan d’eau.

La traversée de l’alpage du Stieretungel

Le raidillon nous descendant dans l’alpage

Vue vers Lenk durant la descente

Le sentier traversant l’alpage

Devant nous, le sommet du Spitzhore…

…et sur notre flanc, celui du Niesehore

Dans la descente, on devine parfois les pentes du Wildhorn

Ceinturé de forêts, le lac de Lauenen est réputé pour une atmosphère bucolique que les couleurs d’automne portent à son paroxysme. Je ne suis pas mécontent d’avoir choisi d’y bivouaquer. Il nous faut nous éloigner à un kilomètre du sentier pour trouver sur ses rives un bout de pelouse discret et qui n’est pas gorgé d’eau ; sans doute l’un des coins les plus pittoresques où j’ai planté ma tente.

Au bord du lac de Lauenen

L’arrivée sur les rives du lac

Les sous-bois ceinturant le lac

A l’est du lac, le sommet de Holzersflue ; à sa droite, la cascade de Tungelschutz

Pendant que je monte la tente…

…Sacha prépare le repas

Le bivouac est prêt !

Le lac photographié au petit matin

La matinée du lendemain est consacrée au franchissement des pentes du Spitzhore, à travers forêts et alpages. Arrivé sur l’arête, j’interprète mal les cartes médiocres d’opencyclemap et repique trop vite vers la vallée de Gsteig. Lorsque je comprends mon erreur, il est trop coûteux de revenir en arrière ; nous continuons de descendre, bifurquons dès que possible vers le sud sur des pistes en faux-plat montant et rejoignons le sentier balisé au niveau du hameau de Burg.

La transition ratée de Lauenen à Burg

Nous traversons forêts…

…et pâturages…

…nous égarons sur la crête…

suivons une vague sente plongeant entre les pins…

…et finissons par dévaler hors-sentier un alpage qui nous mène trop bas dans la vallée

Outre une source d’eau, on trouve à Burg un emplacement de barbecue qui tombe à pic : Sacha avait emporté quelques saucisses que nous faisons griller pendant que la tente sèche au soleil.

L’énergie ingérée nous sera d’autant plus utile que la fin de journée nous réserve quelques épreuves. Dès la reprise, nous affrontons la plus difficile ascension du circuit, le long du ruisseau du Sanetsch. Au fil de ses lacets, la forêt laisse place à des pentes rocailleuses escarpées où l’herbe perce de plus en plus difficilement.

Alors que nous avalons la pente à bon rythme, le mauvais temps vient doucher notre enthousiasme. Un crachin imperceptible nous titille les oreilles au milieu de l’ascension, qui s’est transformé en une pluie soutenue lorsque nous atteignons l’auberge du Sanetsch.

L’ascension du Sanetsch

La grimpe démarre en sous-bois…

…et se poursuit dans la rocaille

Vue sur la vallée de Gsteig

Les derniers arpents de la montée

La chapelle jouxtant l’auberge du Sanetsch, visible au fond

Nous comptons nous poser quelques minutes dans l’auberge, voire, si le temps ne s’améliore pas, y passer la nuit ; sa propriétaire calme nos ardeurs en nous annonçant qu’elle est fermée depuis que son mari s’est embrouillé avec des représentants de l’Etat suisse. Un conflit qu’elle annonce temporaire mais qui est toujours d’actualité au moment où j’écris ces lignes.

Un couple jovial de Suisses francophones ayant écouté avec nous les anecdotes de la tenancière s’informe de notre situation ; la pluie ne faiblissant pas, il se propose de nous emmener directement en voiture au site où j’ai prévu de bivouaquer, le col du Sanetsch, situé deux cents mètres plus haut.

Nous acceptons volontiers ; les Suisses nous conduisent à destination, nous ramènent à l’auberge où j’ai oublié mes bâtons, retournent au col et nous déposent près d’un abri dont nous entendons prendre possession pour la nuit malgré les bouses de vache qui en obstruent l’entrée. Nous remercions nos bienfaiteurs et commençons à nous installer.

Bien que nous soyons en fin d’après-midi, la température est déjà glaciale, dans ces étendues désertes perchées à 2200 mètres d’altitude et dominées par l’impressionnant glacier de Tsanfleuron. Le vent et la pluie n’arrangent rien.

La nuit à venir sera moins rigoureuse si nous mangeons chaud avant de dormir ; aussi partons-nous en quête de bouts de bois dans les alentours pour alimenter le réchaud de Sacha. La récolte est maigre et nous aurions eu bien du mal à cuire notre riz si le couple de nos bienfaiteurs suisses n’avait pas évoqué notre situation à un jeune berger en aval du col. Il se présente à nous une demi-heure après notre départ, avec un seau plein de bois bien sec.

Nouvelle salve de remerciements, repas chaud, installation du bivouac sur les bancs de l’abri, emmitouflage dans nos duvets avec toutes les couches de vêtements possibles : nous sommes parés à affronter la nuit.

Le bivouac au col du Sanetsch

L’abri que nous transformons en refuge

En face, le début du glacier de Tsanfleuron

Le berger qui nous ramène du bois

Sacha prépare le repas…

…pendant que j’installe nos couches

Notre matériel nous permettra de passer une nuit sans accroc. C’est moins le sommeil que le réveil qui posera problème, les contraintes professionnelles de Sacha nous imposant de démarrer notre dernière session de marche commune en pleine nuit.

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