Voyage en Suisse romande (septembre 2017) – 6/9 – du lapiaz de Ténéhet à Gstaad

Les quatre jours de marche en direction du lac Léman démarrent sous les meilleures auspices, la randonnée étant un régal jusqu’à l’arrivée à Gstaad.

La marche vers Montreux (lien openrunner) ; en rouge, son premier et plus agréable segment

Avant de plonger vers Gstaad, je dois franchir le massif du Wildhorn par le col de Schnidejoch. Sur mon chemin, le photogénique lac de Ténéhet, niché dans un encaissement du plateau calcaire. Je le dépasse, grimpe au col par une sente enneigée, longe l’immense glacier du Tungelgletscher et descend vers la cabane gardée du Wildhorn.

Le franchissement du massif du Wildhorn

Le lac de Ténéhet

L’arrivée au col de Schnidejoch

La cabane du Wildhorn apparaît en contrebas

Le refuge

J’ai réservé une place dans la cabane, moins dans l’espoir de profiter d’un lit que d’une douche froide devenue nécessaire après quatre jours de marche sans la moindre toilette. Le refuge n’en disposant pas, je me contente des lavabos collectifs et m’y nettoie selon des méthodes impudiques qui auraient posé problème si je n’étais pas le seul client du soir.

Le lendemain, je rejoins le tracé du tour du Wildhorn au promontoire du Stigelschafberg, le suis jusqu’au col du Stigellegi et oblique alors plein nord, en direction du sommet de Giferspitz qui domine la célèbre station de ski de Gstaad.

La sortie du massif du Wildhorn

Ma sente serpente en amont du lac d’Iffigen

Dans les hauteurs, un troupeau de chamois

Au sortir du massif, je vais suivre la ligne de crête vers le Giferspitz, visible au fond à gauche

Le col du Stigellegi où je quitte le tracé du tour du Wildhorn

Les marmottes y sont nombreuses

…une dernière vue sur les contreforts du massif du Wildhorn…

…et je file vers le Giferspitz

Au-delà du sommet bosselé du Stübleni, je traverse une crête rocheuse complètement déchirée et bordée de parois abruptes ; un chemin y serpente entre de petits gouffres naturels. Ce segment surréaliste perdure jusqu’à un refuge qui était fermé à clef à mon passage.

L’étrange crête rocheuse du Stübleni

Le sommet du Stübleni

L’arête rocheuse qui suit

Le chemin sinueux qui y louvoie

Certains gouffres bordant la piste s’enfoncent à plus de dix mètres

Le refuge où se conclut la séquence

Dans le faux-plat descendant me déposant au col de Türli, je croise un aventurier aguerri qui revient d’un long voyage à travers les mers du globe, à bord d’un voilier habitable acquis à la mort de sa femme. Il a vogué d’île en île, visitant à la marche celles où il a accosté. A ses yeux, la plus belle de toutes est Santa Antao, dans l’archipel du Cap-Vert. Le mauvais temps coupe court à notre discussion ; mon compère me prévient que la pluie que nous subissons n’est rien en comparaison du déluge qui va plomber ma marche du lendemain. Je le quitte perplexe et fais le tour du Giferspitz pour rejoindre Gstaad par une crête secondaire, la Wasseregrat.

La transition vers la Wasseregrat

Le faux-plat descendant au col du Türli

Un chemin en balcon sur les pentes du Giferspitz

Le Wildhorn a disparu dans les nuages

Dans la vallée, le village de Lauenen

Malgré la pluie, je savoure pleinement la traversée de la Wasseregrat, une crête abrupte s’élevant à la verticale entre les vallons où coulent les ruisseaux du Louwi et du Turnels. Au moment où l’averse est la plus intense, j’atteins un abri non gardé où j’aurais bien passé la nuit s’il restait moins de temps de jour. Une petite pause et je repars sous des cieux plus cléments et sur une sente vertigineuse. La séquence idyllique s’achève au Dürrischilt, hameau bâti à la pointe nord de la crête et accessible depuis Gstaad en télésiège. Je pénètre à cet endroit dans le domaine skiable de la station ; c’est sur des pistes herbeuse que j’y dévale.

Sur la Wasseregrat

La superbe crête que je m’apprête à longer

La cabane sous le sommet du Wandeliflue

Quelques portions du sentier longeant la suite de la crête

Un banc insolite en bord de falaise

Mes réserves alimentaires étant réduites, je les reconstitue à l’hypermarché de Gstaad. Comme souvent lorsque je retrouve la civilisation après des jours dans la nature, je suis d’humeur maussade, la grisaille et le mauvais temps annoncé pour le lendemain n’aidant pas.

La ville de Gstaad

Vue d’ensemble de Gstaad

Le ruisseau qui la traverse

La cité est dominée par le Gstaad Palace Hotel

La rue principale, où se tassent les enseignes des plus prestigieuses marques de luxe

La chapelle Saint-Nicolas

La nuit s’annonce ; il me faut retourner dans la nature pour dresser mon bivouac, guidé par le balisage de la plus célèbre randonnée suisse, la Via Alpina 1. Un violent raidillon m’attend dès la sortie de la ville. Je ne trouve pas un replat avant d’avoir atteint, 500 mètres plus haut, le petit complexe où débouche une remontée mécanique de Gstaad. S’y trouve un restaurant fermé dans le porche duquel je peux tranquillement m’installer.

Le bivouac improvisé

A peine-ai-je posé ma couche que la pluie apparue dix minutes plus tôt s’intensifie, pour ne plus cesser jusqu’au lendemain.

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