Mille bornes dans le Massif central (printemps 2018) – 5/31 – le massif du Tanargue

La plus grosse grimpe du voyage nous attend au réveil: l’ascension du mont Aigu, culminant 800 bons mètres au-dessus de nos têtes, premier effort d’une journée particulièrement corsée sur les pentes du Tanargue, durant laquelle nous avalerons presque 30 bornes pour 1 700 mètres de dénivelé positif, le plus important du trek.

En rouge, la journée de marche (lien openrunner)

Nous nous nous échauffons sur deux kilomètres de plat avant d’affronter le premier raidillon. A mi-hauteur, nous opérons un petit détour par le belvédère de l’Archette, redescendons quelque peu puis attaquons de face une pente finale de 400 mètres presque verticale.

Vers le mont Aigu

Le raidillon démarre en forêt…

…en sort au niveau d’un pierrier…

…menant au belvédère de l’Archette

Vue du belvédère sur la vallée où nous avons sommeillé…

…et sur celles domptées la veille

Le chemin revient en forêt…

Au loin, le mont Aigu

C’est au prix d’un effort brutal que nous atteignons l’arête du massif du Tanargue, au pied du mont Aigu.

Vues d’ouest en est a notre arrivée sur la crête

Cela fait à peine deux heures que nous avons levé le bivouac. Nous avons été bien plus rapide que prévu, ce qui est arrangeant : l’orage menace et vue la puissance de celui de la veille, nous n’aimerions pas, en bons Gaulois, qu’il nous tombe sur la tête pendant que nous arpentons la crête. Nous devons la longer durant 7 kilomètres avant de basculer, au niveau du rocher de Fréjar, dans la vallée de la Beaume ; aussi faut-il se dépêcher. Nous filons au sommet du mont Aigu, prenons à peine le temps d’apprécier le panorama puis fonçons par l’arête vers celui de Mejan, à l’approche duquel notre trace pique dans la pente.

Sur la crête du Tanargue

Depuis le mont Aigu, vu vers la vallée de Lignon…

…et vers Jaujac

Le chemin de crête, d’abord pierreux…

…puis herbeux

L’arête dépouillée du Tanargue

A notre gauche, les collines que nous parcourrons le surlendemain

Le sommet de Mejan

Notre empressement paye : le ciel explose au moment même où nous quittons la crête. Vexé de n’avoir pu nous piéger, il nous punit d’une averse de grêle interminable : une bonne heure, alors qu’elles ne durent jamais plus de quelques minutes en Bretagne ! La pluie et les nuages qui l’accompagnent nous empêchent d’apprécier pleinement un splendide chemin empierré, semblable à ceux des Cyclades en ce que ses lacets sont par endroit aménagés en escalier dans la paroi.

La voie pavée du rocher de Fréjar

Le sentier d’abord chaotique…

…devient bien vite une superbe voie pavée…

…soutenue par de puissants contreforts…

…et aménagée à flanc de falaise

Ses lacets en escalier

Un passage câblé

L’instant où se découvre le rocher de Fréjar

La pluie s’arrête aussi soudainement qu’elle s’est déclenchée et laisse place à un soleil salvateur qui perdurera tout le long de la seconde ascension de la journée. Celle-ci, bien plus étalée que la première, nous permet de remonter en douceur la vallée de la Beaume, à destination d’un col où est niché le village de Loubaresse.

La vallée de la Beaume

Vue d’ensemble

Les derniers arpents de la descente

Le hameau de Chalas Haut ou démarre la montée

La vallée de la Beaume vue des abords de Loubaresse

Au coeur de la montée, entre le Chalas Haut et le ruisseau de la Dénave, nous attend l’une des plus belles surprises du séjour : une voie pavée et murée enchanteresse louvoyant entre de gros blocs de granit. Une fois de plus, l’Ardèche nous remémore nos périples cycladiques, notamment celui effectué sur l’île de Tinos.

La voie pavée menant à la Dénave

Le chemin, enserré de murets…

…est par endroit impeccablement pavé

Un élégant virage

Le passage le plus bucolique

Le ruisseau de la Dénave

Aux abords de Loubaresse, nous quittons le massif du Tanargue et obliquons vers le sud et le village de Thines. Nous entendons faire halte au premier coin de pelouse accueillant ; il se présente à nous au niveau du pont de Bourmet.

Le bivouac, au bord du ruisseau des Rialles

Cela fait huit journées que nous marchons intensément ; la neuvième sera bien plus paisible.