Au cœur des Montagnes basques (octobre 2019) – 1/2 – le massif d’Aizkorri

Coincée entre les Pyrénées et les monts Cantabriques, la chaîne de moyenne montagne du Pays basque espagnol ne compte pas parmi les plus réputées d’Europe, ni même d’Espagne ; j’effectue pourtant dans deux de ses parcs naturels, ceux d’Aizkorri et d’Urkiola, l’une de mes plus belles randonnées de trois jours.

L’itinéraire suivi (lien openrunner)

Le massif d’Aizkorri abrite, entre autres, le sommet et l’ermitage homonyme, la cime voisine d’Aitxuri, point culminant des Montagnes basques, et le sanctuaire marial d’Arantzazu.

En rouge, ma traversée du massif d’Aizkorri

J’attaque ses pentes au crépuscule, depuis le village d’Araia.

Une heure d’ascension nocturne et pluvieuse et je me réfugie dans la cabane de Martin. Au réveil, mes craintes se vérifient : d’épais nuages ont pris d’assaut les premières cimes du parcours, et notamment l’Aratz. Ce n’est qu’après deux heures de marche, au moment où je dépasse ce dernier, que le brouillard daigne enfin se lever, m’offrant une vue soudaine et saisissante sur l’Aizkorri.

Une matinée brumeuse

La cabane de Martin, cent mètres sous la ligne des nuages

Perçant les brumes, le poteau géodésique du sommet d’Allaitz

Au moment où je quitte l’Aratz…

…la brume se dissipe…

…laissant apparaître les forêts alentour…

…des collines innombrables…

…et au-delà du pic secondaire d’Elurzuloak…

…le cône minéral de l’Aizkorri

Un profond col boisé sépare l’Aratz de l’Aizkorri. Je m’y engouffre en suivant les vestiges d’une voie romaine bimillénaire ; elle reliait autrefois Bordeaux à Astorga.

Sur la voie romaine d’Astorga à Burdeos

Je traverse une forêt automnale…

…par une sente classique…

…puis une voie pavée splendide…

…qui me dépose au col

La clairière où je finis ma course est un carrefour de sentiers. Avant d’affronter l’Aizkorri, je m’octroie une boucle par le tunnel calcaire naturel de San Adrian, qui dissimule une chapelle propice au bivouac. Dommage que la magie de ce site soit ternie par la présence hérétique d’un pylône à haute tension.

Le tunnel San Adrian

Une petite ravine…

…débouche dans un vallon étroit…

…en surplomb d’un tunnel majestueux…

…dont l’entrée…

…est fortifiée

Au creux du tunnel, la petite chapelle…

…au-delà de laquelle on avance courbé pour revenir au col

Cette parenthèse refermée, je m’attaque avec l’Aizkorri au plat de résistance du jour.

L’ascension de l’Aizkorri

On démarre en forêt…

…sur un chemin caillouteux…

…parfois aménagé…

…puis le terrain se dégage…

…et le sentier magnifique s’infiltre dans un repli de la paroi

Vue en arrière sur le sentier

A l’horizon apparaît mon objectif…

…l’ermitage d’Aizkorri

Cette fois-ci, aucun nuage ne m’empêche d’apprécier les vues à couper le souffle sur le Pays basque.

Panoramas du haut de l’Aizkorri

Les forêts couvrant l’ouest du massif…

…débouchent sur un immense plateau herbeux…

…délimité à l’est par une crête rocheuse…

…dont le franc oriental abrupte domine royalement…

…les collines de la province du Guipuscoa

Au sud, l’Aratz dont je proviens, enfin dégagé des nuages

Les contreforts calcaires de l’Aizkorri…

…forment parfois des cuvettes profondes

Plus fameuse cime du Pays basque, l’Aizkorri n’est pas son point culminant ; ce titre appartient à son voisin, l’Aitxuri, que je conquière aux côtés de Ramon, un randonneur sexagénaire en forme olympique, avant de filer en solitaire vers le nord, par la ligne de crête puis un plateau où paissent tranquillement chevaux, moutons et vaches.

Vers l’Aitxuri et au-delà

L’Aitxuri, entouré d’autres pics calcaires presque aussi élevés, dont l’Aketegi et l’Iraule

Du haut de l’Aitxuri…

…vue sud vers l’Aketegi, que la tradition considérait à tort comme le sommet du massif…

…et vue nord vers l’Iraule et l’Arbelaitz, avalés dans la foulée

Passé l’Arbelaitz…

…je quitte une crête qui se délite…

…au profit d’un plateau…

…qui me conduira, 5 kilomètres plus loin, en amont de la vallée d’Arantzazu

Vue d’ensemble de la crête et du plateau parcourus

Malgré sa situation et sa grandeur, le sanctuaire d’Arantzazu est bien moins stimulant que les montagnes qui l’entourent, saccagé qu’il a été, comme son cousin catalan, par les divagations de l’architecture contemporaine.

Le sanctuaire d’Arantzazu

Des gorges sauvages…

…abritent un complexe religieux monumental…

…dont la basilique a entre autres subi l’ajout…

…d’un clocher immonde, bien que son concepteur soit considéré comme une sommité…

…et de parkings en béton armé

Je suis plus inspiré par les fermes…

…et les chapelles environnantes

C’est avec plus de 30 bornes, 1500 mètres de dénivelé positif et 2000 de négatif que je finis ma course sur les rives du lac d’Urkulu.

Il me faut pourtant prolonger l’effort, les lieux de bivouac discrets n’y étant pas légion. Je trouve mon bonheur dans un champ à l’écart et dort tant bien que mal, constamment gêné par les aboiements des chiens du coin.