Le long du lac de Garde (juin 2020)

[sixième des 25 treks formant le Tour des montagnes d’Europe]

Le trek sur les rives du lac de Garde est la première conséquence du changement de programme opéré suite aux déconvenues vécues dans les Alpes bergamasques.

J’avais prévu de sortir de ce massif par le nord-est et le village d’Edolo. La route nationale SS42, qui le traverse, mène droit à Bolzano, d’où je devais entamer la traversée directe des Dolomites en une dizaine de jours, avant d’en passer une dizaine d’autres en Autriche, pour une marche autour du sommet du pays, le Grossglockner.

Ce trek autrichien, qui transite par des cols dépassant allègrement les 3000 mètres d’altitude, me laisse dubitatif, tant la neige a entravé ma route dans le chaînon bien plus modeste des Alpes orobiques. C’est à la mi-septembre qu’il faudrait l’entreprendre, pas au début du mois de juillet. Je préfère l’annuler et allonger d’autant la traversée des Dolomites, traversée dont le point de départ pourrait être, non pas Bolzano, mais Trente, plus facilement accessible depuis la commune d’Esine, par laquelle je suis sorti des Alpes orobiques.

Pour relier Esine à Trente, le plus simple est de transiter par Brescia puis les rives du lac de Garde. Vu le temps à ma disposition, il serait malvenu d’ignorer ce lac, le plus grand d’Italie, surtout qu’il est, comme celui de Côme, encaissé dans une région montagneuse où les sentiers ne manquent pas.

La rive du lac de Garde la plus intéressante est l’orientale, dont la partie haute est dominée d’un bout à l’autre par un chaînon puissant, allongé et homogène, le mont Baldo, qu’on peut intégralement parcourir par sa crête. J’en fais la colonne vertébrale d’un tracé court mais relevé.

En rouge, l’itinéraire suivi (lien openrunner

J’attaque le mont Baldo depuis les bords du lac et la station balnéaire de Pai, dans le camping de laquelle je prends ma dernière douche alpine avant un mois de toilette dans les rivières et sources d’eau.

Le lac de Garde et son rivage, propice au farniente

C’est parti pour 1500 mètres d’une grimpe fastidieuse, qui ne sera pleinement récompensée qu’en fin de journée.

A l’assaut du mont Baldo

Un sentier très méditerranéen…

…nous fait prendre de la hauteur…

…puis traverse la ville haute de Pai…

…et ses maisons de pierre

D’une ferme ultérieure…

…la vue se dégage sur le lac de Garde

A l’endroit où j’accède à l’arête…

…elle s’est effondrée en une cuvette herbeuse…

…et ne reprend une forme plus conventionnelle…

…qu’au niveau du refuge Chierego

Du refuge, vue sur la suite de l’arête

Au-delà du refuge Chierego, la roche prend le pas sur l’herbe et c’est sur une crête minérale, escarpée et plus technique qu’il faut tracer sa route.

Dans la caillasse

Le chemin louvoie entre les aiguilles…

…jusqu’au refuge Gaetano Barana…

…puis il suit temporairement la ligne de crête…

…avant de faire le toboggan dans la caillasse…

…au point d’y disparaître parfois

Les derniers hectomètres avant un retour à la normale

La séquence qui suit est moins onirique, la faute à un inattendu bain de touristes allemands au niveau des restaurants qui gravitent autour du téléphérique. Restent les vues sur le lacs, qui auront été légions tout au long de la journée.

Panoramas sur le lac de Garde

On l’aperçoit parfois entre deux bosses…

D’autres fois plus complètement, même si l’humidité de l’air ternit la vue

Perspectives sur le lac de son centre à la station balnéaire de Riva del Garde

La crête s’affaisse au niveau de la Bocca di Navene, reprend de la hauteur au mont Altissimo, au sommet duquel je passe la nuit, puis plonge sèchement, vers l’extrémité septentrionale du lac de Garde, très urbanisée.

Derniers kilomètres le long du lac

A droite de Riva del Garde…

Le mont Altissimo

De ses pentes, vues vers le sud et la crête étalée du mont Baldo…

…et vers l’est et un relief moins marqué

Mon bivouac près du refuge Damiano Chiesa

La descente finale, forestière…

…offre peu de points de vue sur Riva del Garde

Le village de Nago…

…qu’une barre rocheuse sépare…

…de celui de Torbole…

…première commune d’une rive nord entièrement construite

A Torbole s’achève un trek réjouissant qui contrastera, par sa brièveté, avec la longueur du suivant – longueur légitime au vu de son cadre, les mythiques massifs des Dolomites.