Seconde traversée des Cyclades (mai 2016) – 5/9 – Heraklia

Les îles habitées des Petites Cyclades sont au nombre de quatre ; nous n’en avons visité que trois, la dernière, Schinoussa, ayant pour principal intérêt le farniente. Les deux dernières, Koufonissi et Donoussa, qui ne nous ont pas laissé de grands souvenirs. Tout l’inverse d’Heraklia, une pépite où nous avons plaisamment baroudé en tout sens. 

Notre parcours complet (lien openrunner)

Heraklia est une petite île presque inhabitée : on n’y trouve qu’un hameau dans les hauteurs, Panagia, une minuscule station balnéaire, Livadi, et surtout Agios Georgios, charmant port où un petit bateau, le Skopelitis, nous dépose une heure après nous avoir embarqué à Naxos. A peine à terre, nous partons en direction du Papas, sommet des petites Cyclades, culminant à environ quatre cents mètres de haut. Un petit détour vers la plage Vorini Spilia nous permet de découvrir un spot de saut idéal, que nous exploitons derechef.

Vers le spot de saut de Vorini Spilia

La baie d’Agios Georgios

L’église de Taxiarchis

La baie de Vorini Spilia

Le spot de saut qui fait face à la plage

Je m’élance, dans un style désarticulé

Mon frère s’éxécute avec plus de grâce…

…ou de puissance

Rassasiés de sauts, nous partons vers Panagia puis gravissons le mont Papas qui surplombe le hameau. Depuis les hauteurs, la vue panoramique sur les îles alentours est époustouflante ; l’une des plus belles de nos divers voyages grecs. A l’ouest, nous voyons incroyablement loin, jusqu’à l’île de Serifos, située à plus de cinquante kilomètres. Nous croyons même distinguer Kythnos au-delà, à presque quatre-vingt! Mais c’est à l’est que la vue sur l’ensemble des petites Cyclades est la plus charmante.

Nous atteignons le sommet du Papas au soleil couchant. Le frérot est en pleine forme, moi j’ai un coup de mou, mis en difficulté par le sol composé de roches éclatées et pointues, un peu à Sifnos deux ans plus tôt (voir ici). 

L’ascension du Papas

   Le beau Kalderimi s’enfonçant dans l’arrière-pays

Au loin se dresse le mont Papas ; Panagia est niché sur son flanc

L’église de Panagia

   Le sentier technique menant au Papas

La vue sur les petites Cyclades

Ivonig m’attendant au sommet du Papas, assis sur le poteau géodésique

Avant que la nuit soit complète, il nous faut rejoindre, par un hors-sentier, l’une des seules chapelles de l’île, située sur un sommet secondaire nommé le Profitis Ilias (pour changer). Pas de chance, le parvis où nous comptions nous installer est défoncé et couvert de crottes. Pire, la porte de l’église semble fermée. En forçant la poignée, nous parvenons cependant à l’ouvrir, étalons notre literie à l’intérieur et y passons la nuit après avoir ingurgité notre habituelle salade grecque.

Le bivouac dans la chapelle du Profitis Ilias

L’arrivée à la chapelle, quelques minutes avant la nuit

Notre bivouac de fortune

La chapelle, photographiée le lendemain

Au matin, nous nous dirigeons vers l’extrémité australe de l’île ; les pentes du Profitis Ilias y deviennent d’abruptes falaises qui se jettent dans la mer.

Les falaises du sud d’Heraklia

Le sentier nous y menant

La pointe sud-est de l’île

L’abrupt versant sud du Profitis Ilias

Une boucle nous ramène à Panagia. Sur le chemin, nous croisons une chevrette qu’on avait déjà vu la veille. Sa mère avait fui devant nous en sautant en contrebas d’un mur d’au moins deux mètres. La fille avait longuement hésité et mon frère s’était jeté vers elle pour l’en empêcher ; paniquée, elle avait sauté juste avant qu’il la saisisse et, à notre soulagement, s’était réceptionnée sans rien se casser. Et voilà que nous la recroisons le lendemain, alors que notre boucle nous ramène dans la même zone, et cette fois encore en difficulté : sa mère a franchi on ne sait comment un grillage et, incapable de la rejoindre, la chevrette bêle son désespoir. Elle n’a pas cette fois la force de fuir lorsque mon frère l’approche. Aussi peut-il l’agripper et la déposer de l’autre côté du grillage. Cette bonne action accomplie, nous poursuivons notre route jusqu’à Panagia et faisons halte dans la minuscule taverne du village.

Le retour à Panagia

Ivonig aidant la chevrette à franchir le grillage

Elle rejoint sa mère en jubilant

Point de vue sur Panagia

La taverne du village

Après un petit déjeuner a Panagia, nous repartons dans les hauteurs, cette fois vers le sud-ouest, en direction de la grotte d’Agios Ioannis. Il y a en fait deux cavités: une première à l’entrée exiguë, où les habitants de l’île ont coutume de se réunir un jour dans l’année ; une autre plus vaste et humide, occupée par de grosses guêpes. Nous les visitons à reculons puis continuons notre route, vers l’extrémité occidentale de l’île, couverte de genévriers.

La pointe sud-ouest de l’île

   Le kalderimi entre Panagia et Agios Ioannis

Le sentier menant à la pointe

Sur notre route, la grotte d’Agios Ioannis où se réunissent les villageois annuellement

La seconde grotte, plus spacieuse

La pointe sud-ouest de l’île

Les chemins qui nous ramènent progressivement à Agios Georgios sont très exigeants. S’il ne pose aucun problème à mon frère, le revêtement rocailleux qu’on subit depuis la veille finit par me mettre dans le dur : je vis le creux physique de mon périple.

Un sentier rocailleux typique d’Heraklia

La boucle achevée tant bien que mal, nous sommes astreints à patienter toute la fin de journée à la terrasse d’un restaurant d’Agios Georgios. Le bateau qui doit nous transférer à Koufonissi n’arrive en effet qu’à une heure du matin. Au final, il surgit plus tard encore, interrompant le vague sommeil où nous sommes plongés sur un banc des quais.

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