Seconde traversée des Cyclades (mai 2016) – 8/9 – derniers jours à Naxos

L’objectif central du troisième jour de marche est l’ascension hors-sentier du mont Koronos.

En rouge, nos deux derniers jours de marche (lien openrunner)

Suite à notre premier passage à Apiranthos, en 2012 (voir ici), nous avions gravi le mont Fanari ; cette fois, nous passons en-dessous de ce sommet et continuons plein nord, en direction du massif du Koronos, qui se dévoile au passage du col. Dans la foulée, nous dévalons un escalier sculpté que Raymond Verdoolaege disait être de toute beauté ; il n’a pas tort ! Le joli sentier qui suit n’est pas éternel, et bientôt nous échouons sur l’asphalte. Il nous faut progresser quelques kilomètres sur la route goudronnée avant qu’un petit chemin nous permette de plonger vers Keramoti, un village terré au fond d’une vallée.

D’Apiranthos à Keramoti

Le mont Fanari

Vue vers la Chora et Paros depuis le col

Les impressionnants lacets de l’escalier sculpté

Le sentier qui suit, avec vue sur le massif du Koronos

Le village de Keramoti, vu depuis la route

Le sentier qui y descend

De Keramoti démarre un sentier splendide qui serpente entre les roches volcaniques et les oléandres jusqu’à la cascade de Routsouna. Presque à sec, elle s’écoule dans un bassin suffisamment profond pour que nous puissions y prendre notre premier bain d’eau douce depuis deux semaines.

Vers la cascade de Routsouna

La vallée de Routsouna

Le chemin qui y trace sa voie entre oléandres et roches lunaires

Une vue en arrière avant de plonger vers la cascade

         La cascade de Routsouna

Bien que nous ne soyons qu’en mai, son début est déjà très faible

Un bain salvateur

Propre et repus, nous entamons les six-cents mètres d’ascension nécessaires pour atteindre, en complet hors-sentier, le sommet du mont Koronos. Très physique, s’apparentant parfois à de l’escalade, la grimpe reste moins éprouvante que la veille, les épineux étant plus épars, les roches plus grosses, les appuis plus faciles à trouver.

L’ascension du mont Koronos

       Point de vue global sur l’ascension à venir

Les premières rampes hors-sentier, entre de gros blocs rocheux

Nous alternons entre les épineux et les roches lisses

A contrecœur, nous devons parfois faire un peu d’alpinisme

Au milieu de l’ascension

Une petite pause avant le sommet…

…nous permet de contempler les cimes de Naxos…

…et le chemin déjà parcouru

Arrivés à la crête, sur un replat jonché d’immenses blocs rocheux, nous continuons vers un sommet plus oriental, le Mavrovouni, véritable point culminant du massif du Koronos. Nous savourons quelques minutes les vues panoramiques sur Naxos et les Cyclades puis traçons notre route vers le village de Koronos, terme de la journée.

Sur les hauteurs du massif du Koronos

L’arrivée au col

Vue sur le mont Zeus depuis le col

Je fais le fier près du poteau géodésique du Mavrovouni

Vue depuis les hauteurs sur les villages Koronos et Skado

Nous avons repéré sur les cartes la chapelle d’Agios Ioannis, qui nous semble être un prometteur site de bivouac. En vue d’y accéder, nous traversons Koronos. Bien que la lumière baisse, nous ne résistons pas à l’idée de nous attabler au restaurant central du village. Entre deux plats, nous buvons assez de vin pour que nos corps affaiblis n’y résistent pas : première et dernière cuite du séjour. C’est complètement ivre que nous reprenons la route et dénichons à tatons, dans l’obscurité la plus complète, la chapelle d’Agios Ioannis. Notre intuition était bonne : son parvis est un site de repos idéal.

La lumière matinale nous révèle la magnifique situation de la chapelle : elle est plantée sur un petit promontoire qui est comme la scène d’un vaste amphithéâtre constitué par les collines alentour, sur les flancs desquels s’étalent, à égale distance, les villages de Koronos et Skado. Assurément l’un des plus jolis bivouacs de notre séjour.

Le bivouac sur le parvis de la chapelle d’Agios Ioannis

Le village assez délabré de Koronos, où nous nous saoulons avant de nous rendre à la chapelle

Nous nous y installons en pleine nuit

Au petit matin, nous pouvons admirer Koronos à notre gauche…

…et Skado à notre droite

La chapelle a été édifiée sur une petite bosse dans la vallée

Les collines qui l’entourent

Nous quittons avec regret cet endroit idyllique pour entreprendre un aller-retour vers la plage de Lionas, située huit cent mètres plus bas, au fond d’un vallon profond bordé de falaises. Le joli sentier qui y mène est très casse-patte, en montée comme en descente. Une fois sur la plage, et après le bain de rigueur, nous pouvons savourer, dans des sanitaires rudimentaires, notre première douche du séjour.

La descente vers la plage de Lionas

Le début de la descente

Le joli monopati

…s’infiltre entre d’imposantes falaises

Il descend longuement…

…remonte quelques dizaines de mètres…

…et plonge finalement vers la plage de Lionas

Durant notre trajet retour vers Koronos, mon frère a du mal à profiter des paysages alentour, la fatigue prenant le dessus, surtout après qu’on se soit égaré à un croisement, perdant une petite heure à tourner au rond dans des sentiers sans issue. Il n’est pas au bout de ses peines : une fois arrivés au village de Koronos, nous devons nous hisser jusqu’à la route, partir plein sud au hasard des pistes, franchir un col et débouler dans la vallée d’Entria. Problème, la descente hors-sentier qui devait nous permettre de rejoindre la randonnée balisée traversant Entria est une quasi-falaise. Les cartes ne laissaient pas supposer une pente si forte. Heureusement, nous trouvons une sorte de lit de rivière asséché qui nous permet de descendre sans trop d’accrocs dans la vallée.

L’exigeant transit vers la vallée d’Entria

Le sentier montant de Lionas à Koronos

Le pont où nous retrouvons notre chemin après avoir longuement divagué

La fin de la montée

La vallée d’Entria où nous devons descendre

Le lit de rivière qui nous a permis de descendre la quasi-falaise d’Entria

La mine abandonnée d’Entria et le téléphérique par lequel on remontait les pierres extraites.

Après un effort soutenu, nous retrouvons avec plaisir un sentier balisé qui nous emmène vers la chapelle ancestrale d’Agia Kiriaki, où j’ai prévu de bivouaquer. Dès qu’elle surgit au loin, nous devinons que ce monument byzantin plus que millénaire ne pourra nous servir de bivouac. Nous avons en effet affaire à une esthétique semi-ruine, entourée de caillasses et de crottes de chèvres.

Pas de bivouac, la nuit qui s’annonce : nous décidons de finir notre boucle au nord de Naxos le soir même et fonçons à six kilomètres à l’heure vers Apiranthos. Contraint par le manque de temps et de lumière, j’ai à peine la possibilité de prendre en photo le magnifique chemin pavé qui nous éloigne de la chapelle d’Agia Kiriaki.

Au terme du kalderimi, nous progressons sur un sentier enfoui dans la végétation; malgré l’obscurité grandissante, nous marchons à toute allure, trébuchant parfois. Exténué quelques heures plus tôt dans la montée vers Koronos, mon frère a trouvé un second souffle et mène un rythme d’enfer, si bien que la nuit n’est pas encore totale quand nous déboulons dans le village d’Apiranthos. Nous avalons trois excellentes pitas devant la finale du championnat de basket grec puis nous installons sur le parvis de chapelle déjà utilisé deux jours plus tôt.

Le rush final vers Apiranthos

La chapelle d’Agia Kiriaki dans son écrin naturel

Ivonig constatant l’impossibilité d’y bivouaquer

Nous filons vers Apiranthos

Le kalderimi que nous empruntons quelques temps

De retour sur le lieu de bivouac de notre deuxième nuit

Notre trek à Naxos conclut avec la manière nos trois semaines de marche, et plus largement, nos sept cycles de randonnée cycladique. Pas tout à fait, en fait : l’ayant accompli en quatre jours, et non pas cinq, comme prévu initialement, nous arriverons avec une demi-journée d’avance à Santorin. De quoi marcher un peu sur cette île avant de quitter la Grèce !

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