Boucle de Zagori (mai 2017) – 4/5 – de Mikro Papingo au refuge d’Astraka

Notre quatrième jour de marche est celui où nous avalons le moins de kilomètres. Il nous suffit de rejoindre le refuge d’Astraka, juché au sommet des pentes où nous avons bivouaqué, puis d’opérer une boucle sur les contreforts du massif du Tymfi, à destination du lac de Drakolimni.

En rouge, le tracé de notre quatrième jour de marche

Nous avalons en deux bonnes heures les 800 mètres de dénivelé qui nous séparent du refuge. L’ascension suit les rives du ruisseau du Lakos Amarouda, sur une montagne perdant progressivement en verdure jusqu’à s’apparenter à ses consœurs alpines. Sur notre route, nous croisons deux autres sources ; dans l’abri jouxtant celle de Krouna, nous faisons une courte pause.

La grimpe entre la source d’Antalki et celle de Krouna

La forêt éparse et les hautes herbes…

…laissent bientôt place à des arbustes…

qui se raréfient…

et deviennent de simples épineux…

…auxquels la simple rocaille finit par se substituer

Au-dessus de nous, le sommet d’Astraka

L’abri de la source de Krouna

Krouna n’est situé qu’une grosse centaine de mètres sous le refuge, qui apparaît à l’horizon dès que nous reprenons la route. Il a été édifié à presque 2000 mètres d’altitude, sur le col de la crête de Koutsomitros, reliant les sommets d’Astraka et de Tsouka. Au-delà du refuge démarrent les pentes du massif du Tymfi, axé autour du Gamila, sommet de Zagori. C’est la première fois qu’Ivonig et Sacha s’élèvent à une telle altitude à pied, la première fois qu’une randonnée leur fait découvrir la haute montagne.

Le refuge d’Astraka

Le refuge apparaît au loin

Les dernières rampes y menant

Sur la crête du refuge

Ivonig savourant le panorama depuis le refuge

Sacha et moi préparant un Yams dans le réfectoire

Après avoir rempli notre panse, vidé notre sac et préparé notre literie, nous entamons la boucle vers le lac Drakolimni, séparé du refuge par une vallée encaissée si étendue et aplatie qu’on dirait une sorte de haut plateau miniature

Vers le lac de Drakolimni

Le lac se situe dans un renfoncement au milieu de la photo, à gauche du sommet de Ploskos

Le petit plateau que nous devons traverser pour l’atteindre…

…dont la première partie est rocailleuse…

…la seconde herbeuse

Vue rétrospective depuis la montée finale ; à droite du sommet d’Astraka, le col où est juché le refuge

Du même endroit, vue nord-ouest, vers la zone que nous explorerons durant la phase retour

Le lac de Drakolimni repose au-delà des 2000 mètres d’altitude, barrière symbolique que Sacha n’avait pas encore dépassé, et Ivonig une seule fois. Ses rives sont partiellement enneigées. Depuis la pelouse inclinée formant sa berge orientale, la vue s’étend jusqu’au-delà du massif du Pinde.

Le lac de Drakolimni

Le lac vu du sud-ouest…

…du nord-ouest, avec, en arrière-plan, le Ploskos à droite et le Gamila à gauche…

…et du nord-est, avec l’Astraka à l’horizon

De la crête délimitant cette pelouse inclinée…

…la vue s’étend sur des kilomètres

Plutôt que de retourner sur nos pas, nous rentrons au refuge au terme d’une boucle plus ou moins hors-sentier. Nous descendons au hasard, sur des pentes que parcourent des chamois, vers un vaste terrain plat couvert de fleurs et par endroits gorgé d’eau. Nous traverserons cette sorte de haut plateau dans sa longueur pendant une grosse demi-heure. Particulièrement séduit par cette section, Sacha affirme ne rien trouver plus jouissif que de marcher en altitude sur terrain plat, assertion qu’il réitérera le lendemain et qui l’amènera, de retour en France, à partir seul à la découverte des hauts plateaux du Vercors.

La traversée d’un plateau encaissé

Dans la descente préalable, un troupeau de chamois fuit à notre approche

Gros plan sur deux retardataires

Le plateau enchanteur 

De vagues cours d’eau le segmentent

Il est tapissé de fleurs

Vue sur les contreforts du lac depuis le plateau

Le sentier parcouru

Au pied de la rampe nous ramenant au refuge, le lac de Xeroloutsa

Le raidillon pierreux qui conclut notre journée

La journée de marche a enchanté Sacha et Ivonig ; la soirée au refuge, beaucoup moins. J’ai déjà passé quelques nuits dans des structures de ce type, dans les Alpes (voir ici ou ) ou sur l’île de Tenerife (voir ici). Pour eux, c’est une première et après les bivouacs rustiques des premier et troisième jours, ils n’apprécient guère la compagnie forcée de dizaines d’autres randonneurs, dont quelques Français trop bavards, la gêne et l’exiguïté qui en résulte, la cherté et la médiocrité des plats vendus par les gardiens. L’un d’entre eux, nous voyant étendre le linge dont nous venons de faire la lessive, nous prévient avec assurance qu’il ne séchera pas durant la nuit, et même qu’elle le rendra plus humide encore. Nous persistons malgré tout dans ce qui nous semble être une mesure de bon sens et rions bien lorsque nous récupérons, au petit matin, des vêtements complètement secs.

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