Road-trek autour de la Dordogne (mars 2018) – 1/3 – survol d’une quinzaine de balades

Dès l’instant où mon frère Ivonig décroche son permis, en décembre 2017, nous savons que notre premier road-trek ambitieux aura pour cadre les terres bordant la Dordogne, situées à seulement quelques heures de route de la Bretagne et parfaitement adaptées, par leur efflorescence architecturale, à un type de voyage basé sur la multiplication des haltes.

Dès le mois de mars, mon frère parvient à dégager 5 journées de repos et m’embarque dans un road-trek que j’ai découpé en 18 étapes.

Les 18 étapes du road-trek

Les deux randonnées essentielles autour desquelles j’ai structuré les autres sont la 6ème, une boucle de 18 kilomètres autour de Rocamadour, et la 12ème, un circuit de 35 bornes reliant quatre perles architecturales du Périgord noir : Domme, Castelnaud, Beynac-et-Cazenac et la Roque-Gageac. Je consacrerai à ces deux randonnées exceptionnelles les deux récits suivants ; au préalable, il me faut évoquer chronologiquement les 16 autres balades du road-trek, ainsi réparties : 5 sur notre trajectoire aller, entre Limoges et Rocamadour, 5 entre nos deux principaux objectifs, 6 enfin sur le chemin du retour, entre le Périgord noir et Angoulême.

Il nous faut cravacher cinq heures sur des départementales et dépasser Limoges pour enfin profiter d’une première halte à Uzerche, ville bâtie sur un éperon rocheux dont les méandres de la Vézère ont fait une presqu’île. Le temps est couvert, pas assez cependant pour nous empêcher d’apprécier sous tous les angles la “Perle du Limousin”.

Uzerche

Vue d’ensemble d’Uzerche, dominée par l’abbatiale Saint-Pierre

Au centre des bâtisses en ardoise, le château Pontier

La Vézère entoure presque entièrement la ville

Le centre historique vu de l’est…

…et de l’ouest

Des jardins aménagés dans les contreforts

Une ancienne porte d’enceinte

L’abbatiale Saint-Pierre

La maison de Tayac

Au-delà de Brive-la-Gaillarde, nous approchons une seconde ville perchée, Turenne, groupant une centaine de maisons de pierre et d’ardoise autour des ruines massives d’un château qui fut le fief d’Henri de la tour d’Auvergne, la plus glorieuse figure militaire du Grand Siècle.

Turenne

Vue d’ensemble

L’entrée du bourg

La rue principale serpentant jusqu’au château

La collégiale Notre-Dame-Saint-Pantaléon

La chapelle des Capucins

Le village vu du château

Nous ne pouvons visiter le château, fermé hors-saison, toute comme la totalité des cavités notables, tel le gouffre de Padirac, qui parsèmeront notre parcours. Nous reprenons donc la route en direction du Quercy et d’une troisième cité médiévale, Martel, moins perchée mais tout aussi charmante que les deux précédentes, dotée qu’elle est de multiples tours.

Martel

Les élégantes demeures faisant corps autour de l’église Saint-Maur

La tour Tournemire

La place centrale du village, axée autour de la Halle ; à gauche, l’élégant hôtel Fabri

La rue Droite et ses façades en pierre

Détail de l’une d’entre elles

Au sortir de Martel, nous franchissons la Dordogne et admirons pour la première fois les blanches falaises se dressant sur ses rives. Ces parois rocheuses déchiquetées formeront le théâtre de toutes les marches à venir. Au creux d’une des falaises, le village de Gluges, au sommet d’une autre, celui de Montvalent ; nous visitons les deux hameaux et bivouaquons près du second.

Sur la route de Rocamadour

La Dordogne vue du belvédère de Copeyre

Gluges

La tour de garde de Montvalent

Une nuit méritée et nous atteignons le premier objectif du road-trek, le site de Rocamadour, que nous découvrons au terme d’une randonnée splendide évoquée ailleurs (voir ici). Cette marche achevée, nous repiquons vers l’ouest et le Périgord, admirons le château de Belcastel, opérons une boucle à la marche entre Saint-Sosy et le Roc de Monges, promontoire minéral surplombant la Dordogne, faisons halte à Souillac, campons près de Rouffillac et découvrons au petit matin le château de Fénélon.

Du Quercy au Périgord

Le Roc des Monges

Le sentier qui nous permet de le longer

La Dordogne vue du Roc des Monges

L’abbatiale Sainte-Marie de Souillac

Le château de Fénélon

Une demeure près de Sainte-Mondane…

…avec vue sur la Dordogne

Un dernier hors d’oeuvre nous attend avant la seconde randonnée d’ampleur du road-trek : le château de Montfort, splendide édifice prolongeant une falaise d’où il domine sereinement la Dordogne.

Le château de Montfort

Le château vu de l’autre rive

Le donjon et son mur d’enceinte

Au pied du rempart, une profusion de belles bâtisses

Un kilomètre plus loin, nous garons la voiture à Vitrac, au bord de la Dordogne, et démarrons un circuit de 35 bornes censé constituer, et qui constituera en effet, le point d’orgue architectural d’un road-trek pourtant riche en la matière ; un récit spécifique évoque cette marche mémorable (voir ).

A son terme, nous obliquons plein nord vers Sarlat. La capitale du Périgord noir mérite sa réputation : nous n’avons pas visité avant ni depuis une vieille-ville aussi impressionnante.

Sarlat

La place de la Liberté, centre historique de la ville

Sur cette place, l’ancienne église Sainte-Marie et sa porte monumentale

La cathédrale Saint-Sacerdos

Les abords de la cathédrale 

La maison natale de La Boétie

  D’autres vieilles demeures

Quelques rues médiévales parsemées d’allées couvertes

Notre prochaine marche conséquente démarre à Lespinasse, en bord de Vézère. Entre Sarlat et ce village, nous visitons les ruines impressionnantes du château de Commarque puis le village troglodytique des Eyzies, célèbre pour abriter de nombreux sites préhistoriques, parmi lesquels la grotte qui a donné son nom à l’homme de Cro-Magnon.

Entre la Dordorgne et la Vézère

Les ruines du château de Commarque

Son donjon ; en bas à droite, le château de Laussel

Maisons troglodytiques des Eyzies

Nous trouvons près de Lespinasse une aire de repos parfaite pour notre dernier bivouac. Avant de nous installer, nous effectuons une marche d’une dizaine de kilomètres autour de la Vézère ; en point d’orgue, le hameau de Moustier et sa chapelle romane, le Roque Saint-Christophe contenant les restes d’un village troglodytique ancestral, enfin la maison forte de Reignac, dernier château-falaise en état de France, que nous n’atteignons malheureusement qu’à la nuit tombante.

Autour de la Vézère

Le Roque Saint-Christophe

Il enferme le plus grand site troglodytique d’Europe

Le village de Moustier

Sa chapelle romane

Ainsi s’achève notre périple périgourdin. Restent deux détours ultimes sur la route nous ramenant en Bretagne. Le premier, consacré à Périgueux, aurait pu être évité, tant la ville dégage peu de charme.

La cathédrale Saint-Front de Périgueux

Le second détour, à destination de Brantôme, nous permet de boucler la boucle. Cette dernière étape du road-trek renvoie en effet à la première à Uzerche, les deux villes ayant en commun d’être délimitées par une rivière. Le centre-ville de Brantôme se situe même sur un îlot ceinturé par la Dronne. Cette situation pittoresque constitue l’intérêt principal d’une cité peinant à nous transcender, rassasiés que nous sommes par quatre jours d’orgie architecturale.

Brantôme

La rivière de la Dronne encercle l’îlot de Brantôme

Un pont secondaire donnant accès à l’îlot

Un pont majestueux permettant d’en sortir en direction de l’abbaye Saint-Pierre

L’abbaye Saint-Pierre

Le cloître de l’abbaye

Le moulin de l’abbaye

Ainsi s’achève un road-trek particulièrement intense et d’autant plus savoureux qu’il a été effectué par relatif beau temps et, saison creuse oblige, dans des bourgs, châteaux et campagnes quasiment désertées, y compris les plus prestigieux sites du Périgord, tels la vieille-ville de Sarlat, le château de Beynac ou la bastide de Domme. Seul bémol, l’usure physique induite par l’alternance constante entre déplacements à la marche et en voiture. Une difficulté à laquelle ne nous attendions pas et qui ne nous empêchera pas d’entreprendre plusieurs autres road-trek dans les mois qui suivent !