Sur le sentier tyrolien de Stubai (septembre 2018) – 0/3 – présentation et visite d’Innsbruck

Galvanisés par une première escapade alpine en Suisse, Sacha et moi remettons le couvert un an plus tard. C’est dans l’Autriche voisine que nous souhaitons cette fois sévir ; en retirant les deux demi-journées destinées à l’aller-retour en voiture et notre halte de deux jours au Liechtenstein, nous avons une petite semaine devant nous, que nous souhaitons entièrement passer au-delà des 2000 mètres.

Initialement, j’aurais bien poussé le voyage en voiture jusqu’à Salzburg, la plus belle des grandes villes autrichiennes, mais elle est trop excentrée ; nous nous contenterons de vadrouiller dans le Tyrol, autour d’Innsbruck, sa capitale. Arrivés les jambes lourdes du Liechtenstein voisin, nous visitons brièvement cette ville et passons la nuit à l’hôtel avant d’attaquer les cimes environnantes.

Innsbruck

La rue piétonne Herzog-Friedrich, axe central de la ville historique

Au bout de la rue, la façade la plus photographiée d’Autriche…

…axée autour du Petit toit d’or, balcon richement décoré d’où l’empereur se montrait au peuple

Gros plan sur les armoiries impériales

Le palais impérial voisin

L’arc de triomphe

Le clocher caractéristique de la Spitalskirche

A droite de la Maximilian Strasse, le clocher plus original de l’église Herz-Jesu

La cité d’Innsbruck est cernée de massifs; reste à savoir dans quelle direction s’engager. Sacha m’avait au départ orienté vers la Voie de l’aigle, une randonnée qui traverse tout le Tyrol et transite pour ce faire dans les montagnes du nord d’Innsbruck. Après l’avoir étudié, je ne trouve pas l’itinéraire assez épique, me contente de tracer une boucle de deux jours sur ses variantes et entend consacrer le reste du séjour à explorer la région bien plus perchée et sauvage de Stubai, située au sud d’Innsbruck, près de la frontière italienne.

L’endroit fourmille de chemin, et j’y élabore, sous le coup de l’excitation, une boucle ambitieuse transitant par des plateaux perdus et franchissant dans les deux sens la frontière italo-autrichienne par des cols perchés à plus de 3000 mètres. Un second examen m’amène à comprendre comprendre que ces cols, enneigés toute l’année, ne sont franchissables que par des alpinistes, et que les simples randonneurs que nous sommes devront se contenter d’un itinéraire plus modeste.

C’est pourquoi je me rabats sur le Stubaier Höhenweg, une randonnée d’altitude fameuse faisant le tour intégral de la vallée de Stubai. N’ayant que cinq jours à y consacrer, nous aurions du n’en avaler que les deux tiers, mais le mauvais temps et les difficultés d’accès nous amènent à renoncer au dernier moment à notre boucle préalable au nord d’Innsbruck, et c’est finalement une petite semaine que nous pouvons accorder au Stubaier Höhenweg. Aussi avons-nous pu en faire le tour intégral, avec toutes ses variantes, en partant du village village de Neder.

Notre boucle maximaliste sur le Stubaier Höhenweg (lien openrunner)

Nous n’avons pas eu à regretter notre choix, tant l’itinéraire a été savoureux : sentiers charmants, arpentés de bout en bout par grand soleil ; paysages fantastiques et parfaitement préservés, si ce n’est aux alentours de la Dresdnerhütte, placée au milieu d’une station de ski ; panoramas dantesques sur les vallées et les glaciers de Stubai, en particulier du haut du Großer Trögler, point culminant de notre marche ; bivouacs iconiques au milieu de nulle part ; dosage parfait de la difficulté avec aucun danger insurmontable, mais d’innombrables passages techniques où l’on progresse grâce à des chaînes ou des marches implémentées dans la roche, ces aménagements étant parfaitement entretenus, de même que le balisage ; enfin plongée dans la culture tyrolienne, notamment durant le week-end, à l’occasion duquel les terrasses des refuges traversés étaient bondées de familles venues prendre l’air, toutes d’origine autrichienne ou allemande. Que ce soit dans les refuges ou sur les chemins, nous n’avons d’ailleurs pas croisé un seul touriste étranger!

Sur le plan culinaire, outre la choucroute, mention spéciale aux knödels, des boulettes trempant dans une soupe aromatisée, qui remplissent bien la panse pour 4 ou 5 euros.

Peu d’éléments viennent ternir ce tableau idyllique. Mentionnons tout de même le fait de n’avoir pas traversé beaucoup de hauts plateaux, ce qui était notre objectif initial, le premier et le dernier tiers du trek s’effectuant sur d’immenses pentes plongeant directement jusqu’aux basses vallées, sur des sentes parfois un peu répétitives. Les deux autres bémols nous sont directement imputables. D’une part, munis d’un réchaud à bois, nous avons eu bien du mal à le faire fonctionner dans les hauteurs minérales du Stubai, avons du manger froid les deux premiers jours, faire un détour pour collecter du bois en contrebas de la Sulzenauhütte, et y constituer des réserves pour la fin du séjour. D’autre part, n’étant monté dans les hauteurs qu’avec 300 euros en poche pour deux, nous avons du nous serrer la ceinture et compter principalement sur nos provisions, les refuges n’acceptant que du cash et ne disposant d’aucune tirette, même la Dresdnerhütte, pourtant située au cœur d’une station de ski.

Bref, pas grand chose de négatif à tirer de notre trek autrichien, si ce n’est sa trop courte durée !