Le lac de Côme par ses trois rives (juin 2020) – 1/3 – du côté de Bellagio

[troisième des 25 treks formant le Tour des montagnes d’Europe]

Parti de Bretagne en duo, j’arrive à Côme en solitaire; les vingt prochaines semaines, si l’on excepte dix jours en Norvège, je n’aurai plus de partenaire durable. Je le vis comme un second départ et un saut dans l’inconnu.

Si le lac de Côme est l’un des plus beaux du monde, il le doit à la combinaison de deux facteurs: un patrimoine architectural extraordinaire et un encaissement impressionnant, d’immenses chaînes de montagnes le dominant de toute part, certaines de plus de 2500 mètres.

En forme de Y renversé, le lac voit ses trois branches se réunir en un point névralgique concentrant les plus beaux villages: sur la rive méridionale, Bellagio; sur la rive occidentale, Menaggio ; sur la rive orientale, Varenna. J’entends explorer les trois rives et les trois villages en partant de Côme, ville située au départ de la branche sud-ouest du lac, à la frontière des Alpes et de la plaine du Pô.

Les quatre jours de marche sur les trois rives du lac de Côme (lien openrunner 1, 2 et 3)

Les rives ouest et est du lac, assez rectilignes, sont flanquées de sommets immenses ; ceux de la vaste péninsule triangulaire formée par la rive sud, le Triangolo Lariano, sont plus modestes et herbeux. Ce sont des montagnes préalpines, que je vais les traverser en deux grosses journées, au départ de Côme et le long d’une ligne de crête s’élevant par à-coup vers le mont San Primo, où m’attend l’un des plus beaux panoramas lacustres d’Europe.

L’itinéraire suivi sur la dorsale du Triangalo Lariano (lien openrunner)

La première journée de marche sera écourtée par un orage explosif, le dernier avant une semaine de beau temps.

Côme et ses alentours

Le lac vu de la ville

Une balade sur le rivage nous mène de palais en palais…

…vers le plus prestigieux d’entre eux, la villa Olmo

La cathédrâle Santa Maria Assunta

Une grimpe vers le village perché de Brunate et je poursuis ma route sur une voie pavée…

…jalonnée d’auberges, ici la Baita Bondella

D’un sommet voisin, le mont Boletto, vue sur l’arête qui m’attend…

…et la branche ouest du lac de Côme

En milieu d’après-midi, peu enclin à marcher ou subir sous ma tente la foudre imminente du ciel, je dévale la pente en direction d’un abri indiqué par opencyclemap. C’est une cabane minuscule mais propre, où je me terre pendant une quinzaine d’heures.

J’ai bien fait d’éviter une nuit en tente: une pluie violente s’abat sur ma tanière du soir au matin. Dès qu’elle cesse, je bondis dans les brumes mourantes, à l’assaut de la ligne de crête qui tend vers le mont San Primo. A mi-distance, un moment mythique m’attend: le passage au col de Sormano, où se joue tous les ans la gagne d’un des cinq monuments du cyclisme, le tour de Lombardie. C’est ici que Thibaut Pinot à construit sa victoire deux ans plus tôt!

Sur la dorsale du Triangolo Lariano

Surgissant de ma forêt…

…je mesure la crête déjà parcourue…

…et celle à parcourir

Sur son flanc gauche, des fermes éparses…

…et sur son flanc droit, de petits villages

Le col de Sormano

Dans sa continuation, la crête file vers le mont Ponciv…

…puis bifurque vers mon objectif, le mont San Primo…

…embrassant de la sorte les vallées centrales du Triangolo Lariano

Des hauteurs du mont San Primo, dans une solitude totale et sous un soleil retrouvé, je vis un moment privilégié : le centre du lac de Côme m’apparait peu à peu dans toute son étendue.

Travelling est-ouest du haut du lac de Côme

La branche orientale…

…dominée par la Grina et ses 2410 mètres d’altitude…

…remonte vers le centre du lac

La rive occidentale abrite d’innombrables villas de luxe et la seule île du lac, Comanica

Une descente à pic me dépose au rifugio Martina.

Il est fermé mais son préau suffira à m’abriter d’une éventuelle pluie nocturne. Au réveil, les vues sont encore plus belles que la veille, tant sur le lac que le village de Bellagio, tassé sous le monticule formant la pointe de la rive sud.

Vues matinales sur le lac de Côme…

Le lac vu du refuge…

…et d’un belvédère en aval

Le village de Bellagio et sa situation exceptionnelle

Les villages de la rive occidentale, notamment Tremezzo

L’île Comanica

La branche ouest du lac, qui mène à Côme

De panorama en panorama, je dégringole vers le rivage et le village de Bellagio.

Bellagio

Zoom progressif sur un front de mer…

…dont plusieurs hôtels portent des noms étrangement français

D’autres bâtisses calées sous la bosse

La basilique San Giacomo

L’église Santa Maria di Loppia

Près d’une villa isolée de la pointe de la péninsule…

…un petit port où je fais trempette

Des navettes relient Bellagio aux villages des autres rives, le plus proche étant celui de Griante, à l’ouest. J’y embarque après une pause pizza bien méritée.