Le projet reporté “La France de cime en cime”

Le concept

Jusqu’à l’hiver 2018, je n’avais que deux projets de treks majeurs : un tour d’Europe en six mois, sorte d’apogée de mes marches solitaires (voir ici), et au préalable, un tour du Massif central en un mois et demi, apogée, cette fois, des aventures du duo que je forme avec mon frère Ivonig (voir ici).

Nous avions choisi le Massif central car, en habitué des Cyclades, mon frère considérait, et moi avec, la moyenne montagne comme notre terrain de jeu favori. Dans cette optique, qu’y avait-il de plus adéquat que les vénérables montagnes du centre de la France ?

Au printemps 2017, notre conviction est fortement ébranlée par notre voyage à Zagori (voir ici). Lors des quatrième et cinquième journées de marche, Ivonig s’immerge pour la première fois sur la durée dans des paysages de haute montagne, même s’il en a déjà eu quelque idée lors de l’ascension du mont Athos, deux ans plus tôt (voir ici). Il se rend pleinement compte de ce qu’un tel environnement a de majestueux, de supérieur, ce dont j’avais conscience depuis mes marches alpines dans la Vanoise (voir ici) mais que je refusais de m’avouer pleinement.

Les doutes que je commence à nourrir sur la pertinence d’avoir planifié notre plus grande marche dans le Massif central se renforcent à l’automne 2017. Durant le mois de septembre, je me rends deux fois dans les Alpes, dans le Verdon d’abord, dont je traverse les gorges avec mon frère (voir ici), puis en Suisse romande, où je passe dix jours particulièrement exaltants, seul ou accompagné de mon ami Sacha (voir ici). Ressassant ces deux périples, je regrette de plus en plus nettement que le grand trek de 2018, peut-être le seul de cette dimension que j’entreprendrai avec mon frère, n’ait pas les Alpes pour théâtre.

Durant l’hiver 2018, la frustration me travaille. Le trek dans le Massif central est trop bien conçu, trop excitant à sa façon, pour être purement et simplement sabordé. Puisque je ne peux lui substituer une randonnée au long cours dans les Alpes mais que cette dernière me semble devoir être la conclusion magistrale des épopées de notre duo, il ne reste qu’une solution : réaliser successivement ces deux treks en deux ans.

Je finis par soumettre l’idée à mon frère. Contraint qu’il est par ses obligations familiales et professionnelles, il est rétif au premier abord mais cède rapidement, probablement parce qu’il cultivait plus ou moins consciemment la même perspective. Aussi accepte-t-il d’adjoindre, au trek du printemps 2018 dans le Massif central, un second centré autour des Alpes, qui devrait avoir lieu en 2019, sur 60 jours, de la mi-mai à la mi-juillet..

Je lui propose deux alternatives, un tracé exclusivement alpin, un autre incluant le Jura et les Vosges. Il tranche fermement en faveur du second. J’ai entre les mains les données spatio-temporelles du trek ; il me reste à en constituer le tracé.

Etat actuel du tracé

Après maintes tergiversations, j’en suis arrivé à élaborer le parcours que voici :

Il combine neufs parcours traversant neuf massifs majeurs : les Vosges (lien openrunner), le Jura (lien), la Chartreuse (lien), Le Vercors (lien), les Écrins (lien), le Thabor (lien), la Vanoise (lien), le Beaufortain (lien) et le Mont Blanc (lien).

Le parcours total remplit plusieurs critères :

-avec moins de 1200 kilomètres et de 60 000 mètres de dénivelé positif, il est parfaitement réalisable durant les deux mois de marche dont nous disposons, avec une moyenne journalière abordable de 20 bornes et 1000 mètres de dénivelé;

-allant des Vosges au Mont Blanc, il convient bien, sur le plan de l’enneigement, à la séquence mi-mai / mi-juillet que nous avons établi, avec de la moyenne montagne jusqu’à début juin, les pré-Alpes en juin et les Alpes au début de l’été;

-grâce à sa trajectoire en forme de J inversé avec une boucle alpine, il pallie quelques lacunes du GR5, le tracé rectiligne classique reliant les Vosges aux Alpes, qui laisse de côté la partie la plus intéressante du Jura, zappe les massifs des pré-Alpes, pourtant si propices à la randonnée, et est discontinu, avec la traversée en bateau du lac Léman;

-comme mon tracé du Massif central, il ne suit aucune GR dans la durée mais est une élucubration personnelle destinée à relier en un minimum de kilomètres les Vosges et le Jura aux cinq massifs alpins les plus mythiques à mes yeux : la Chartreuse, le Vercors, les Ecrins, la Vanoise et le Mont Blanc;

-enfin et surtout, il prend la forme d’une montée en puissance constante sur le plan de l’altitude avec, dans l’ordre, un démarrage à Sélestat, presque au niveau de la mer, un passage par le sommet des Vosges à 1400 mètres, du Jura à 1700, de la Chartreuse à 2000, du Vercors à 2300, un col à 2800 mètres d’altitude dans les Écrins, l’ascension du sommet du mont Thabor à 3200 mètres, des dizaines de kilomètres constamment au-delà des 2000 mètres dans la Vanoise et une arrivée au Mont Blanc, dont nous espérons gravir le sommet avec un guide pour conclure en beauté le périple.

Pour toutes ces raisons, notamment la dernière, le concept général du tracé me semble suffisamment bon pour être conservé. Je suis toutefois enclin à modifier certains tracés en profondeur, notamment ceux traversant la Chartreuse, les Ecrins et la Vanoise, massifs où je ne suis pas certain d’avoir opté pour les trajectoires les plus inoubliables.

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