Errance dans le Dartmoor (août 2018) – 0/4 – présentation du voyage

La découverte de la Côte jurassique, à l’été 2017, m’a donné un aperçu des charmes de la campagne anglaise. Désireux d’en savoir plus, je planifie un an plus tard un second voyage en Angleterre, destiné cette fois à l’exploration exclusive de ses terres intérieures.

L’une des régions anglaises les plus attirantes et les plus accessibles depuis la Bretagne est le Dartmoor, un vaste massif granitique groupant d’innombrables collines dont les sommets sont parsemés d’affleurements minéraux, les tors. Ces amas rocheux aux formes arrondies dominent d’immenses étendues tourbeuses, couvertes d’ajoncs et de bruyères, dont la plupart a, si l’on excepte quelques cabanes militaires, presque échappé à l’emprise de l’homme ; un exemple paroxystique de la lande celtique, auprès duquel les monts d’Arrée bretons font bien pâle figure.

Après m’être arrangé avec mes collègues de travail, je libère une petite semaine pour faire le tour du Dartmoor, au fil d’un itinéraire reliant tous ses tors les plus emblématiques. Me voilà embarqué dans un périple qui prendra moins la forme d’un trek que d’une errance, le cœur du massif ayant la particularité de ne compter aucun chemin balisé, et très peu de sentiers, bien qu’il soit presque toujours possible de tracer sa route au hasard dans la lande. Jamais je n’aurais autant regretté de ne me fier qu’aux cartes d’opencyclemap, d’autant plus que mon orientation a été compliquée par les brumes matinales, la difficulté à distinguer entre elles des collines ondulées très ressemblantes et, pour couronner le tout, la perte de ma boussole au beau milieu de nulle part. Ce qui devait arriver arriva : je me suis égaré à de multiples reprises, parfois pendant des heures, et si mes divagations ont paradoxalement renforcé la magie de mon expérience, je ne saurais trop conseiller à ceux qui souhaitent s’enfoncer dans le Dartmoor de se munir d’un GPS.

Le parcours chaotique finalement réalisé (lien openrunner)

Malgré ces errements répétés, un temps pluvieux typiquement anglais et l’infecte et toute aussi typique nourriture que j’ai eu le tort d’ingérer dans deux restaurants locaux, ce trek anglais m’a plus encore comblé que le précédent. Il aurait d’ailleurs comblé n’importe quel Breton digne de ce nom ; impossible, en effet, pour qui recèle quelques gouttes de sang celtique, de rester indifférent aux landes extraordinaires que j’ai arpenté tout du long dans la plus complète solitude.