Road-trek dans le parc de Normandie-Maine (octobre 2018)

Après avoir sillonné la Bretagne en tous sens, la Normandie par ses côtes ou son bocage et la Vendée par ses rivières, il ne reste, à portée de tir de ma prison rennaise, qu’une seule province propice à la randonnée : le Maine, et plus précisément les campagnes vallonnées s’étendant de Laval à Alençon, au sud de la Normandie. Mon frère et moi y planifions un road-trek de deux jours compilant une dizaine de petites marches. Les deux boucles principales sont centrées autour des villages des Alpes mancelles ; je les agrémente d’une huitaine de circuits secondaires, la moitié consacrée à des villages médiévaux, l’autre à des sites naturels accidentés où la roche affleure, avec un passage éclair au mont des Avaloirs, qui constitue, du haut de ses 414 mètres, le modeste sommet du Grand Ouest.

Vue d’ensemble du road-trek

A peine sorti du travail, mon frère m’embarque pour la première étape du road-trek, le charmant village de Sainte-Suzanne, perché sur une colline et ceinturé de murailles.

Sainte-Suzanne

Panorama sur le village depuis la butte du Tertre Ganne

La voie pavée menant à cette butte

Ivonig au pied des remparts…

…avec vue sur le bocage…

Les ruelles du village, parfaitement restaurées

Le château

L’ancienne tour du guet

Le manoir de la Butte-Verte, avec son portail du XVIIIème siècle

Poursuivis par la nuit, nous nous enfonçons dans la forêt voisine de Sillé, où un préau informatif fera office d’abri nocturne. Au réveil, nous arpentons les bois jusqu’au rocher du Saut du Cerf, d’où l’on domine avantageusement la canopée.

A quelques kilomètres, sur une butte coincée dans un méandre de la Sarthe se trouve le village de Fresnay, dont la boulangerie nous laisse un souvenir fameux.

Fresnay-sur-Sarthe

L’église Notre-Dame

Les vestiges du château

Le pont de l’ancien moulin

La Sarthe, en amont du pont…

…et en aval

En remontant la rivière, nous déboulons dans les Alpes mancelles, ou j’ai tracé deux boucles distinctes. La première explore les abords de Saint-Léonard-des-Bois, village autour duquel les rives de la Sarthe se dressent à plus de 100 mètres.

Autour de Saint-Léonard-des-Bois

La boucle opérée (lien openrunner)

Le village…

…est dominé par de hautes falaises de grès, parfois très érodées

La falaise vue du village

Près du village, le manoir de Linthe

Ivonig sur le sentier en balcon nous menant vers la très isolée vallée de Misère

Les pentes de cette vallée…

…sont couvertes d’éboulis…

…qu’on traverse comme un pierrier alpin !

Si Saint-Léonard-des-Bois vaut principalement le détour par sa situation, c’est en lui-même, par son patrimoine, que le suivant, Saint-Cénéri-le-Gérei, nécessite une visite. S’il est, comme ses prédécesseurs, perché sur une presqu’île que forme un méandre de la Sarthe, il se démarque par la qualité et la quantité de ses édifices en pierre, maisons, manoirs, église, chapelle, vieux pont, formant un tout homogène et intact. On se croirait de retour dans le Périgord noir !

Saint-Cénéri-le-Gérei

Le pont médiéval reliant ville basse au bourg

Le pont médiéval reliant ville basse au bourg

L’arrivée au pont par la ville basse

Du pont, vue sur la ville basse…

…la Sarthe…

…et l’entrée du bourg

Le bourg

L’église romane

A la pointe effondrée du méandre enserrant le village, une chapelle bucolique

L’auberge de la Vallée

A notre vadrouille dans le village succède l’exploration des rives de la Sarthe environnantes, certes moins impressionnantes que celles de Saint-Léonard-des-Bois.

Autour de Saint-Cénéri-le-Gérei

La boucle effectuée (lien openrunner)

La Sarthe

Un affluent

Près de ce tronc folklorique…

…un ancien moulin à eau

Un détour par le belvédère du mont des Avaloirs, point culminant du Grand Ouest, et nous finissons la journée à la frontière normande, dans les modestes gorges de Villiers, au fond desquelles le parvis couvert d’une chapelle perdue nous permet de ne pas sortir la tente malgré les pluies nocturnes.

Un affleurement rocheux dans les gorges de Villiers

Le lendemain, Ivonig me suggère un heureux détour par Lassay, village médiéval recelant l’un des châteaux les plus emblématiques qu’il m’ait été donné de voir dans le Grand Ouest.

Lassay-les-Châteaux

Le bourg

La rue menant au château

Quelques vues sur le château

A côté d’une si belle forteresse, celle en ruine de Domfront fait pâle figure ; au moins pouvons nous profiter, des hauteurs de ce village, d’un panorama à perte de vue sur le bocage normand.

J’avais autrefois entamé à Domfront une randonnée normande dont le meilleur moment était la traversée de la fosse Arthour ; à cet endroit, une barre rocheuse s’étendant sur plusieurs kilomètres subit une entaille profonde de 70 mètres, au creux de laquelle s’écoule la Sonce, entre fougères et falaises de granit. J’y emmène mon frère pour une boucle conclusive que l’arrivée du mauvais temps nous obligera à raccourcir.

La fosse Arthour

La boucle opérée (lien openrunner)

Au creux de la fosse, la Sonce

Nous remontons l’entaille…

…entre les falaises

Des hauteurs, vue sur la fosse Arthour…

…et la campagne normande

Deux jours à peine après notre départ, nous voilà sur le chemin du retour, au terme d’un road-trek varié où nous aurons accumulé tant de petites boucles qu’il se sera apparenté, sur le plan physique, à une randonnée continue d’au moins 50 kilomètres. Cette balade dans le Maine aura été le présent final d’une France occidentale qui n’a plus grand chose à offrir au randonneur insatiable que je suis devenu ; je ressens plus que jamais l’envie de viser plus haut !